Cour de cassation, Chambre sociale, 10 mai 2006, 04-41.693

Mots clés
contrat • préavis • société • préjudice • preuve • réparation • pourvoi • statuer

Chronologie de l'affaire

Cour de cassation
10 mai 2006
Cour d'appel de Bordeaux (chambre sociale, section C)
29 janvier 2004

Synthèse

  • Juridiction : Cour de cassation
  • Numéro de pourvoi :
    04-41.693
  • Dispositif : Cassation
  • Publication : Inédit au recueil Lebon - Inédit au bulletin
  • Nature : Arrêt
  • Décision précédente :Cour d'appel de Bordeaux (chambre sociale, section C), 29 janvier 2004
  • Identifiant Légifrance :JURITEXT000007491286
  • Identifiant Judilibre :61372477cd58014677415bb7
  • Président : M. CHAGNY conseiller
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Résumé

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Texte intégral

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS Attendu que M. X... a été engagé par la société Aquilia le 17 mai 1999, en qualité d'agent technico-commercial, selon contrat de travail à temps partiel ; que, par lettre adressée à son employeur le 1er avril 2000, il a donné sa démission et indiqué qu'il quitterait la société le 30 avril ; que l'employeur a saisi la juridiction prud'homale de diverses demandes au titre de l'exécution et de la rupture de ce contrat de travail auxquelles le salarié a résisté en formant diverses demandes reconventionnelles à ce même titre ;

Sur le premier moyen

:

Attendu que le salarié fait grief à

l'arrêt attaqué de l'avoir débouté, en violation de l'article L. 212-4-3 du Code du travail, de sa demande en requalification de son contrat de travail à temps partiel en contrat de travail à temps plein ;

Mais attendu

que la cour d'appel, appréciant les éléments de preuve qui lui étaient soumis, a estimé que le salarié n'était pas placé dans l'impossibilité de prévoir à quel rythme il devait travailler et qu'il ne devait pas se tenir contamment à la disposition de l'employeur ; que le moyen n'est pas fondé ;

Sur le deuxième moyen

: Attendu que pour des motifs pris de la violation de l'article L. 122-14-3 du Code du travail, d'une contradiction de motifs et d'une dénaturation des pièces produites, le salarié fait encore grief à l'arrêt de l'avoir débouté de sa demande tendant à imputer à l'employeur la rupture de son contrat de travail ;

Mais attendu

qu'en vertu de l'article 604 du nouveau Code de procédure civile, le pourvoi en cassation tend à faire censurer le non-conformité de l'arrêt qu'il attaque aux règles de droit ; Et attendu que, sous le couvert de griefs non fondés de violation de la loi, contradiction de motifs et dénaturation, le moyen ne tend qu'à remettre en discussion, devant la Cour de cassation, les éléments de fait et de preuve qui ont été souverainement appréciés par les juges du fond quant à l'imputabilité de la rupture du contrat de travail du salarié ; qu'il ne peut être accueilli ;

Mais sur le troisième moyen

, pris en sa huitième branche :

Vu

les articles L. 122-5 du Code du travail et 30 de la convention collective nationale des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise de la transformation des papiers et cartons et des industries connexes, du 16 février 1988 ;

Attendu que l'arrêt

condamne le salarié à payer une somme à l'employeur en réparation du préjudice causé par le non-respect du préavis prévu par la convention collective applicable ; Attendu, cependant, que l'article 30 de la Convention collective précitée prévoit que "dans le cas d'inobservation du préavis non provoqué par une faute grave du salarié, la partie défaillante devra à l'autre une indemnité égale au montant de la rémunération totale correspondant à la durée du préavis restant à courir" ; Qu'en statuant comme elle l'a fait alors que l'indemnité conventionnelle de préavis présentait un caractère forfaitaire, la cour d'appel, qui de surcroît s'est abstenue d'indiquer la durée du délai congé dû par le salarié compte tenu de son ancienneté dans l'entreprise, a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS

, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du troisième moyen : CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il fixe à 10 000 euros la somme due par le salarié à l'employeur en réparation du préjudice résultant du non-respect du préavis conventionnel, l'arrêt rendu le 29 janvier 2004, entre les parties, par la cour d'appel de Bordeaux ; remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel d'Agen ; Condamne la société Aquilia aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, la condamne à payer à M. X... la somme de 1 500 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du dix mai deux mille six.