Cour de cassation, Chambre sociale, 11 juillet 2000, 98-41.798, Publié au bulletin

Portée majeure
Mots clés
contrat de travail, duree determinee • définition • qualification donnée au contrat • demande en requalification • indemnité prévue à l'article l. 122 • 3 • 13 du code du travail • attribution • pouvoirs des juges • applications diverses • contrat de travail • durée déterminée • requalification • requalification en contrat à durée indéterminée • licenciement sans cause réelle et sérieuse • effets • sanctions de l'article l. 122 • 14 • 4 du code du travail • application • condition • contrat de travail, rupture • licenciement • formalités légales • entretien avec le salarié • assistance • assistance par un conseiller • inobservation • etendue • conventions collectives • accords et conventions divers • convention collective des industries de la métallurgie du jura • période de garantie d'emploi • mise en oeuvre • maladie du salarié • absence injustifiée • défaut d'influence • contrat de travail, execution • convention collective limitant le droit de licenciement • portée • 1°contrat de travail, duree determinee • indemnité prévue à l'article L 122-3-13 du Code du travail • 1°pouvoirs des juges • 2°contrat de travail, duree determinee • sanctions de l'article L 122-14-4 du Code du travail • 2°contrat de travail, rupture • 3°conventions collectives • convention collective des industries de la métallurgie du Jura • 3°contrat de travail, execution

Chronologie de l'affaire

Cour de cassation
11 juillet 2000
Cour d'appel de Besançon
9 janvier 1998

Synthèse

  • Juridiction : Cour de cassation
  • Numéro de pourvoi :
    98-41.798
  • Dispositif : Cassation.
  • Publication : Publié au bulletin
  • Textes appliqués :
    • 1° :
    • 2° :
    • 3° :
    • Code du travail L122-14 al. 2, L122-14-4, L122-14-5
    • Code du travail L122-3-13
    • Convention collective des industries de la métallurgie du Jura art. 31
  • Précédents jurisprudentiels :
    • A RAPPROCHER : (1°). Chambre sociale, 1999-01-19, Bulletin 1999, V, n° 27, p. 19 (cassation partielle). A RAPPROCHER : (2°). Chambre sociale, 1996-11-13, Bulletin 1996, V, n° 382, p. 273 (cassation partielle), et l'arrêt cité.
  • Décision précédente :Cour d'appel de Besançon, 9 janvier 1998
  • Identifiant Légifrance :JURITEXT000007038908
  • Identifiant Judilibre :6079b18c9ba5988459c527a0
  • Président : M. Waquet, conseiller doyen faisant fonction. .
  • Avocat général : M. Kehrig.
  • Avocat(s) : la SCP Gatineau.
Voir plus

Résumé

Résumé généré
Résumé de la juridiction
Vous devez être connecté pour pouvoir générer un résumé. Découvrir gratuitement Pappers Justice +

Suggestions de l'IA

Texte intégral

Attendu que Mme X... a été embauchée le 15 janvier 1991, par contrat à durée déterminée pour une durée d'un mois, qui a été renouvelé une première fois jusqu'au 12 avril 1991, puis une seconde fois jusqu'au 12 août 1991 ; que le 6 janvier 1992, les parties ont signé un nouveau contrat d'une durée de trois mois ; que le 25 mars 1992, elles ont signé un avenant transformant le contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée ; que le 30 décembre 1992, l'employeur a licencié la salariée en raison de sa maladie prolongée rendant nécessaire son remplacement ; que Mme X... a saisi le conseil de prud'hommes pour demander la requalification de son contrat du 15 janvier 1991 en contrat à durée indéterminée ainsi que le paiement de différentes sommes ; qu'en cours de procédure, elle a demandé, concernant la rupture du second contrat de travail, des dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

Sur le premier moyen

:

Vu

l'article L. 122-3-13 du Code du travail ; Attendu qu'après avoir constaté, qu'aucun motif n'avait été indiqué dans le contrat à durée déterminée du 15 janvier 1991, la cour d'appel a procédé à la requalification de ce contrat en contrat à durée indéterminée, en application de l'article L. 122-3-13 du Code du travail, et a alloué à l'intéressée une indemnité sur le fondement de l'article L. 122-14-5 du Code du travail pour rupture abusive dudit contrat sans lui accorder l'indemnité prévue par l'article L. 122-3-13 du Code du travail ;

Qu'en statuant ainsi

, alors que, lorsqu'elle fait droit à la demande de requalification formée par le salarié, la juridiction saisie doit d'office condamner l'employeur à payer au salarié, une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire sans préjudice de l'application des dispositions de la section II, du chapitre II, du Livre Ier du Code du travail, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;

Et sur le deuxième moyen

:

Vu

les articles L. 122-14, alinéa 2, L. 122-14-4 et L. 122-14-5 du Code du travail ; Attendu qu'après avoir requalifié le contrat à durée déterminée, en contrat à durée indéterminée et constaté que la rupture dudit contrat était dépourvue de cause réelle et sérieuse, la cour d'appel, pour condamner l'employeur à verser à la salariée une somme de 9 100 francs, énonce que celle-ci, compte tenu de son ancienneté dans l'entreprise ne peut bénéficier que de l'indemnité prévue par l'article L. 122-14-5 du Code du travail ;

Attendu cependant

, qu'il résulte de la combinaison des articles L. 122-14, alinéa 2, L. 122-14-4 et L. 122-14-5 du Code du travail que, dès lors que la règle posée par l'article L. 122-14, relative à l'assistance du salarié par un conseiller de son choix, n'a pas été respectée par l'employeur, le licenciement sans cause réelle et sérieuse d'un salarié appartenant à une entreprise, occupant habituellement moins de onze salariés, ou ayant moins de deux ans d'ancienneté, est soumis aux dispositions de l'article L. 122-14-4 et donne droit à une indemnité qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois ; Qu'en statuant comme elle l'a fait, alors qu'elle était saisie de conclusions réclamant le paiement d'une telle indemnité, et qu'elle avait retenu que la rupture du contrat s'analysait en un licenciement sans cause réelle et sérieuse, ce dont il résultait que la procédure de licenciement n'avait pas été mise en oeuvre, la cour d'appel a violé les dispositions des articles susvisés ;

Et sur le quatrième moyen

:

Vu

les articles L. 122-14-2, L. 122-14-3 du Code du travail et 31 de la Convention collective des industries de la métallurgie du Jura ;

Attendu que pour décider

que le licenciement, bien que prononcé pendant la période de six mois de garantie d'emploi accordée par la convention collective, avait une cause réelle et sérieuse, la cour d'appel retient que la salariée ne justifie pas avoir fait parvenir à l'employeur dans le délai de trois jours prévu par la convention collective un justificatif de son absence pour maladie ;

Qu'en statuant ainsi

, alors que le licenciement était motivé par la nécessité de pourvoir au remplacement de la salariée malade et non par son absence injustifiée, résultant d'un défaut de justification de son absence pour maladie dans le délai imparti par la convention collective, ce dont il résultait que l'inobservation de cette prescription était sans incidence sur la mise en oeuvre de la garantie d'emploi, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS

, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le troisième moyen : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 9 janvier 1998, entre les parties, par la cour d'appel de Besançon ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Dijon.