Cour administrative d'appel de Marseille, 1ère Chambre, 22 septembre 2005, 03MA00139

Mots clés
révision • ressort • rapport • maire • pollution • soutenir • syndicat • pouvoir • recours • requête • risque • tiers • condamnation • tourisme • qualification

Chronologie de l'affaire

Cour administrative d'appel de Marseille
22 septembre 2005
Tribunal administratif de Marseille
14 novembre 2002

Synthèse

  • Juridiction : Cour administrative d'appel de Marseille
  • Numéro d'affaire :
    03MA00139
  • Type de recours : Excès de pouvoir
  • Dispositif : Rejet
  • Décision précédente :Tribunal administratif de Marseille, 14 novembre 2002
  • Identifiant Légifrance :CETATEXT000007591856
  • Rapporteur : M. Alain ATTANASIO
  • Rapporteur public :
    M. CHERRIER
  • Président : M. ROUSTAN
  • Avocat(s) : BALIQUE
Voir plus

Résumé

Vous devez être connecté pour pouvoir générer un résumé. Découvrir gratuitement Pappers Justice +

Suggestions de l'IA

Texte intégral

Vu la requête

, enregistrée le 23 janvier 2003, présentée par M. et Mme Jean-Pierre X élisant domicile ... ; M. et Mme X demandent à la cour : 1°) d'annuler le jugement n° 02-1154 du 14 novembre 2002 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté leur demande dirigée contre les délibérations du conseil municipal de Roussillon n° 37-98 et 44-98 en date du 28 mai 1998 prescrivant la révision du plan d'occupation des sols, n° 38-98 du 28 mai 1998 approuvant une convention entre la commune et le parc naturel régional du Lubéron, n° 79-98 du 14 octobre 1998 créant une commission communale pour la révision du plan d'occupation des sols, n° 17-01 du 28 février 2001 arrêtant le projet de révision du plan d'occupation des sols, n° 59-01 du 20 juin 2001 désignant les membres de la commission communale pour la révision du plan d'occupation des sols, n° 79-01 du 26 septembre 2001 modifiant le projet de plan d'occupation des sols arrêté, et n° 103-01 du 27 décembre 2001 approuvant la révision du même plan ; 2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, lesdites délibérations ; 3°) subsidiairement, d'annuler, sur le fondement de l'équité, le jugement en ce qu'il les a condamnés à verser à la commune de Roussillon une somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ; ……………………………… Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code

de l'urbanisme ; Vu le code de justice administrative ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 8 septembre 2005, - le rapport de M. Attanasio, rapporteur (président) ; - les observations de Mme X Dominique ; - les observations de Me Balique pour la commune de Roussillon ; - et les conclusions de M. Cherrier, commissaire du gouvernement ;

Considérant que

, par jugement du 14 novembre 2002, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de M et Mme X dirigée contre les délibérations du conseil municipal de Roussillon n° 37-98 et 44-98 en date du 28 mai 1998 prescrivant la révision du plan d'occupation des sols, n° 38-98 du 28 mai 1998 approuvant une convention entre la commune et le parc naturel régional du Lubéron, n° 79-98 du 14 octobre 1998 créant une commission communale pour la révision du plan d'occupation des sols, n° 17-01 du 28 février 2001 arrêtant le projet de révision du plan d'occupation des sols, n° 59-01 du 20 juin 2001 désignant les membres de la commission communale pour la révision du plan d'occupation des sols, n° 79-01 du 26 septembre 2001 modifiant le projet de plan d'occupation des sols arrêté, et n° 103-01 du 27 décembre 2001 approuvant la révision du même plan ; que M et Mme X relèvent appel de ce jugement ; Sur la légalité des délibérations n° 37-98, 38-98 et 44-98 en date du 28 mai 1998, n° 79-98 du 14 octobre 1998, n° 17-01 du 28 février 2001, n° 59-01 du 20 juin 2001, n° 79-01 du 26 septembre 2001 : Considérant qu'aux termes de l'article L.2121-13 du code général des collectivités territoriales : Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ; qu'aux termes de l'article L.2121-12 du même code : Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal ; que l'article L.2121-21 dudit code dispose que : Le vote a lieu au scrutin public à la demande du quart des membres présents. Le registre des délibérations comporte le nom des votants et l'indication du sens de leur vote. Il est voté au scrutin secret : 1° soit lorsqu'un tiers des membres présents le réclame ; 2° soit lorsqu'il y a lieu de procéder à une nomination ou à une présentation ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment des extraits de délibérations, que les délibérations en litige ont été adoptées par le conseil municipal de Roussillon après un exposé du maire et un débat des membres du conseil municipal ; que les requérants n'établissent pas que le droit d'information ou la liberté de vote des conseillers municipaux auraient été méconnus lors de l'adoption de ces délibérations ; qu'en particulier, la commune de Roussillon comptant moins de 3 500 habitants, aucun texte n'imposait qu'ils fussent destinataires d'une notice explicative de synthèse ou de tout autre document écrit sur les affaires soumises à délibération ; Considérant que la circonstance que la délibération n° 44-98 en date du 28 mai 1998 aurait été transmise seulement le 11 juin 1998 au service chargé du contrôle de légalité n'est de nature à établir ni une méconnaissance des droits des membres du conseil municipal ni l'inexistence de cette délibération ; Considérant qu'il ressort des mentions portées sur les délibérations en litige des 28 mai 1998, du 28 février 2001, du 26 septembre 2001 et du 27 décembre 2001 qu'un vote, dont le résultat est précisé, a eu lieu lors de l'adoption de chacune d'elles ; que l'absence de certaines mentions relatives aux conditions de recours au scrutin secret, au nom des votants et au sens de leur vote est, par elle-même, sans influence sur la légalité de ces délibérations ; que si, lors de la séance du conseil municipal du 26 septembre 2001, un conseiller a proposé de voter au scrutin secret, il ressort du compte rendu de cette réunion que cette proposition a été adoptée par la majorité des conseillers municipaux, soit plus du tiers des membres présents conformément aux dispositions susmentionnées de l'article L.2121-21 du code général des collectivités territoriales ; qu'en ce qui concerne les délibérations du 14 octobre 1998 et du 20 juin 2001 décidant de créer une commission communale chargée de suivre la révision du plan d'occupation des sols et décidant de sa composition, il ressort des pièces du dossier que ces décisions ont fait l'objet de l'assentiment de la totalité des conseillers municipaux et qu'ainsi, leur adoption ne nécessitait pas l'intervention d'un vote effectif ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Roussillon, que M et Mme X ne sont pas fondés, en tout état de cause, à contester la légalité des délibérations susvisées par voie d'action ou par voie d'exception ; Sur la légalité de la délibération du 27 décembre 2001 : - En ce qui concerne la légalité externe de la délibération : Considérant, en premier lieu, que les requérants n'établissent pas que le droit d'information ou la liberté de vote des conseillers municipaux auraient été méconnus lors de l'adoption de la délibération du 27 décembre 2001 qui est intervenue après un exposé du maire et un débat au sein du conseil municipal ; que l'absence de certaines mentions relatives aux conditions du recours au scrutin secret, au nom des votants et au sens de leur vote est, par elle-même, sans influence sur la légalité de cette délibération ; Considérant, en deuxième lieu, qu'une commune peut décider de recourir à l'organisme de son choix pour faire réaliser les études nécessaires à l'élaboration ou la révision du plan d'occupation des sols ; que les dispositions de l'article R.244-15 du code rural alors en vigueur en vertu desquelles, l'organisme chargé de la gestion du Parc naturel régional peut être consulté lors de l'élaboration et de la révision des documents d'urbanisme prévus aux articles L.122.1.1 et L.123.3 du code de l'urbanisme ne faisaient pas obstacle à ce que la commune de Roussillon décide de confier, après conclusion d'une convention avec le syndicat mixte du parc naturel régional du Lubéron, la réalisation des études à un agent de cet établissement ; qu'au surplus, une telle mission est prévue par l'article 2 des statuts de cet organisme et par l'article 9 de la charte du Parc naturel régional du Lubéron ; que, nonobstant cette convention, le maire de Roussillon a pu légalement prévoir que le syndicat mixte du parc naturel régional du Lubéron serait consulté sur le projet de plan d'occupation des sols arrêté par le conseil municipal ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est nullement établi que le conseil municipal se serait estimé lié par les propositions ou avis formulés par les personnes publiques associées ou aurait renoncé à l'exercice de ses prérogatives ; qu'en particulier, les requérants n'établissent pas que les modifications apportées au projet initial par la commune, qui correspondent au parti d'aménagement retenu, n'auraient pas été librement consentie par celle-ci ; Considérant, en troisième lieu, que les requérants n'établissent pas que la commission communale chargée de suivre la révision du plan d'occupation des sols ne se serait pas réunie régulièrement ; Considérant, en quatrième lieu, qu'aux termes du deuxième alinéa de l'article R.123-10 du code de l'urbanisme : Le plan d'occupation des sols rendu public comporte en annexe les avis des personnes publiques consultées mentionnées aux 1er et 3ème alinéas de l'article R.123-9 et des associations mentionnées à l'article L.121-8 ayant présenté des observations, les communications du préfet, ainsi que la liste des autres personnes consultées au cours de l'élaboration du plan d'occupation des sols ; Considérant qu'il résulte des pièces du dossier, et notamment du rapport établi par le commissaire enquêteur que le dossier soumis à l'enquête publique comportait en annexe notamment l'avis de l'Etat et des personnes publiques associées ; que s'il n'est pas contesté que les éléments portés à la connaissance de la commune par le préfet de Vaucluse en application des dispositions de l'article R.123-5 du code de l'urbanisme applicables à la procédure de révision en vertu de l'article R.123-35 du même code, n'y figuraient pas, il ressort des pièces du dossier et n'est pas sérieusement contesté que ces éléments ont été pris en compte dans les documents du plan d'occupation des sols soumis à l'enquête publique, dans des conditions permettant au public de faire valoir utilement ses observations ; que, dès lors, cette irrégularité ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme substantielle et de nature à entraîner l'annulation de la délibération attaquée ; Considérant, en cinquième lieu, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de révision du plan d'occupation des sols prévoit l'ouverture à l'urbanisation de tout ou partie d'une zone d'urbanisation future ; que, dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le conseil municipal de Roussillon aurait dû, en application de l'article L.300-2 du code de l'urbanisme, délibérer sur les modalités d'une concertation ; - En ce qui concerne la légalité interne de la délibération : Considérant, en premier lieu, qu'il résulte du rapport de présentation du plan d'occupation des sols de Roussillon que la révision en litige a notamment pour objectifs une meilleure prise en compte du patrimoine naturel de la commune, en particulier par une meilleure organisation du bâti autour du village et des hameaux et l'intégration des risques naturels ainsi que du schéma directeur d'assainissement ; qu'au regard de tels objectifs, la suppression, d'une part, des zones 2NB dans les secteurs où les possibilités d'assainissement individuel ne sont pas réalisables, compte tenu des risques de pollution des sols, et d'autre part, de la zone NC L dans le but de limiter l'habitat dispersé et de maintenir le potentiel agricole de la commune n'apparaît pas entaché de contradiction ; que si la suppression de ces zones résulte notamment de la prise en compte des avis émis par les services de l'Etat, elle correspond, ainsi qu'il vient d'être dit, aux objectifs énoncés dans le rapport de présentation du projet de plan d'occupation des sols révisé de la commune ; que les requérants ne sauraient dès lors soutenir que ces mesures auraient été imposées à la commune de Roussillon par l'Etat ou tout autre personne morale ; Considérant, en deuxième lieu, qu'il appartient aux auteurs d'un plan d'occupation des sols de définir des zones urbaines normalement constructibles et des zones dites naturelles dans lesquelles la construction peut être limitée ou interdite ; qu'ils ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme ou par la qualification juridique qui a pu être reconnue antérieurement à certaines zones sur le fondement d'une réglementation d'urbanisme différente ; qu'il résulte de l'article R-123-18 du code de l'urbanisme que le classement de terrains en zone naturelle peut concerner des zones à protéger en raison notamment de l'existence de risques ou de nuisances alors même qu'elles seraient desservies par des équipements publics et comporteraient déjà quelques constructions ; que l'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan d'occupation des sols lorsqu'ils classent en zone naturelle des terrains qu'ils entendent soustraire pour l'avenir à l'urbanisation ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'erreur manifeste ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et notamment tant du rapport de présentation que des annexes sanitaires joints au projet de plan d'occupation des sols, que les quartiers de Caromb et de Jas de la Brèche, bien que construits, ne peuvent sans risque de pollution des sous-sols faire l'objet d'un assainissement autonome alors que la commune n'a pas prévu d'étendre le réseau collectif d'assainissement ; que si les requérants soutiennent qu'un assainissement individuel serait possible dans les secteurs en cause, ils n'apportent aucun élément de nature à démontrer l'inexistence du risque de pollution ainsi établi ; que, dans ces conditions, et en dépit de la présence de plusieurs constructions dans les secteurs concernés, précédemment classés en zone 2NB, les auteurs du plan d'occupation des sols, qui ont entendu également limiter l'habitat diffus conformément aux objectifs généraux énoncés dans le rapport de présentation, n'ont pas entaché leur décision de classement des quartiers de Caromb et de Jas de la Brèche en zone ND d'une erreur manifeste d'appréciation ; Considérant, enfin, que la circonstance que le préfet de Vaucluse se soit prononcé en faveur de ce classement au motif que le maintien, dans la zone considérée, des dispositions antérieures subordonnant la constructibilité des terrains à la condition d'une superficie minimale de 10 000 m² équivalait à une inconstructibilité de fait et était source de contentieux, n'est pas de nature à établir l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation ; Considérant, enfin, que le détournement de procédure allégué n'est pas établi ; Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M et Mme X ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté leur demande dirigée contre la délibération du 27 décembre 2002 par laquelle le conseil municipal de Roussillon a approuvé la révision du plan d'occupation des sols de la commune ; Sur les conclusions subsidiaires de M et Mme X : Considérant que M et Mme X demandent, à titre subsidiaire, d'annuler le jugement en ce qu'il les a condamnés à verser à la commune de Roussillon une somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ; Considérant qu'aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : Dans toutes les instances devant les tribunaux et les cours administratives d'appel, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ; Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de M et Mme X les frais que la commune de Roussillon a dû exposer en première instance ; Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative : Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de condamner M et Mme X à payer à la commune de Roussillon la somme de 1 000 euros qu'elle demande au titre des frais exposés par elle en appel et non compris dans les dépens ;

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M et Mme X est rejetée. Article 2 : M et Mme X verseront à la commune de Roussillon une somme de 1 000 euros (mille euros) au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M et Mme X, à la commune de Roussillon et au ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer. N° 03MA0139 5 tb