Cour administrative d'appel de Paris, 2ème Chambre, 7 décembre 2011, 11PA03219

Mots clés
statut • étranger • soutenir • astreinte • reconnaissance • requête • transports • contrefaçon • pouvoir • preuve • rapport • recours • requérant • ressort • service

Chronologie de l'affaire

Cour administrative d'appel de Paris
7 décembre 2011
Tribunal administratif de Paris
1 juin 2011

Synthèse

  • Juridiction : Cour administrative d'appel de Paris
  • Numéro d'affaire :
    11PA03219
  • Type de recours : Excès de pouvoir
  • Décision précédente :Tribunal administratif de Paris, 1 juin 2011
  • Identifiant Légifrance :CETATEXT000024942364
  • Rapporteur : Mme Suzanne TANDONNET-TUROT
  • Rapporteur public : M. EGLOFF
  • Président : Mme TANDONNET-TUROT
  • Avocat(s) : DOOKHY

Résumé

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Texte intégral

Vu la requête

, enregistrée le 17 juillet 2011, présentée pour M. Nima A, demeurant chez ... par Me Dookhy ; M. A demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 1007432 du 1er juin 2011 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 23 février 2010 du préfet de police refusant de procéder à l'échange de son titre de conduire iranien contre un permis de conduire français ; 2°) d'annuler pour excès de pouvoir ladite décision ; 3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'échange de son permis de conduire iranien contre un permis de conduire français à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Vu les autres pièces du dossier ; Vu la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ; Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ; Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs ; Vu l'arrêté du ministre de l'équipement, des transports et du logement du 8 février 1999 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

Vu le code

de la route ; Vu le code de justice administrative ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 novembre 2011 : - le rapport de Mme Tandonnet-Turot, président-rapporteur, - et les conclusions de M. Egloff, rapporteur public ;

Considérant que

M. A, de nationalité iranienne et bénéficiant du statut de réfugié, a déposé le 24 septembre 2009, auprès du préfet de police, une demande d'échange de son permis de conduire iranien contre un permis de conduire français ; qu'il fait appel du jugement du 1er juin 2011 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 février 2010 par lequel le préfet de police a refusé de procéder à l'échange sollicité ; Sur les conclusions à fin d'annulation : Considérant qu'aux termes des stipulations de l'article 25 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés : Aide administrative : 1. Lorsque l'exercice d'un droit par un réfugié nécessiterait normalement le concours d'autorités étrangères auxquelles il ne peut recourir, les Etats contractants sur le territoire desquels il réside veilleront à ce que ce concours lui soit fourni, soit par leurs propres autorités, soit par une autorité internationale. / 2. La ou les autorités visées au paragraphe 1er délivreront ou feront délivrer sous leur contrôle, aux réfugiés, les documents ou les certificats qui normalement seraient délivrés à un étranger par ses autorités nationales ou par leur intermédiaire. / 3. Les documents ou certificats ainsi délivrés remplaceront les actes officiels délivrés à des étrangers par leurs autorités nationales ou par leur intermédiaire, et feront foi jusqu'à preuve du contraire ; Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 : Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application des articles 1er et 2 de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix... Les dispositions de l'alinéa précédent ne sont pas applicables : / (...) 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière... ; Considérant que M. A a été informé par la décision attaquée du 23 février 2010, qui indiquait les délais et voies de recours offerts à l'intéressé s'il entendait contester cette décision, des motifs pour lesquels sa demande d'échange de son permis de conduire national contre un permis de conduire français était rejetée ; qu'il a ainsi été mis à même de s'expliquer de manière contradictoire sur la caractère frauduleux de ce document ; que, par suite, le requérant n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas été mis à même de présenter des observations écrites et que la décision attaquée aurait été prise en l'absence de procédure contradictoire ; Considérant, en second lieu, que l'article 11 de l'arrêté du ministre de l'équipement, des transports et du logement du 8 février 1999 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen, pris en application de l'article R. 221-9 du code de la route dispose que le préfet, en cas de doute sur l'authenticité d'un titre de conduite étranger dont l'échange avec un titre français est sollicité, doit demander un certificat attestant sa légalité auprès des autorités qui l'ont délivré et qu'en cas d'absence de réponse à l'expiration d'un délai maximal de six mois, l'échange du permis de conduire ne peut avoir lieu ; que, toutefois, en raison même de leur statut, certaines personnes à qui la qualité de réfugié a été reconnue ne sont pas en mesure de bénéficier du concours des autorités de leur pays d'origine lorsque celui-ci est normalement nécessaire pour l'exercice de leurs droits ; que, dans ces conditions, et eu égard aux stipulations précitées de la convention de Genève relative au statut des réfugiés, la procédure prévue à l'article 11 de l'arrêté du 8 février 1999 pour authentifier un titre de conduite étranger n'est pas applicable à une personne à qui a été reconnue la qualité de réfugié et qui demande l'échange d'un titre délivré dans son Etat d'origine ; qu'il appartient à l'autorité administrative compétente de rechercher, pour les réfugiés, les modalités particulières d'échange de permis de conduire adaptées à leur situation ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'examen du permis de conduire détenu par M. A a été confié au bureau de la fraude documentaire, compétent pour l'exercice de cette mission, qui a constaté le caractère contrefait du permis de conduire, dû à la non-conformité du fond d'impression, des mentions fixes, de la numérotation, ainsi que du cachet humide ; que cette information a été portée à la connaissance du préfet de police par note du 23 décembre 2009 de la direction centrale de la police aux frontières ; qu'informé de ce que son permis était considéré comme frauduleux, M. A, qui n'a pas demandé au préfet les éléments sur lesquels ce dernier se fondait pour considérer que son permis était un faux, ne les a pas contestés et n'a produit aucun élément circonstancié de nature à remettre en cause les conclusions de contrefaçon relevées par le service susmentionné ; qu'ainsi, le préfet de police a pu légalement refuser de procéder à l'échange du permis de conduire de M. A contre un titre français équivalent en se fondant sur le caractère contrefait du permis litigieux ; que, dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police aurait entaché sa décision d'une erreur de fait ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte : Considérant que le présent arrêt, par lequel la Cour rejette les conclusions à fin d'annulation de M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions de l'intéressé tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, au préfet de police de procéder à l'échange de son permis de conduire iranien contre un permis de conduire français doivent être rejetées ; Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée. '' '' '' '' 7 N° 08PA04258 2 N° 11PA03219