Cour de cassation, Chambre sociale, 27 février 2002, 00-14.823

Mots clés
syndicat professionnel • action en justice • conditions • atteinte portée à l'intérêt collectif de la profession • trouble manifestement excessif • société • syndicat • référendaire • pourvoi

Chronologie de l'affaire

Cour de cassation
27 février 2002
Cour d'appel d'Aix-en-Provence (8e Chambre commerciale, Section B)
28 janvier 2000

Synthèse

  • Juridiction : Cour de cassation
  • Numéro de pourvoi :
    00-14.823
  • Dispositif : Cassation
  • Publication : Inédit au bulletin - Inédit au recueil Lebon
  • Textes appliqués :
    • Code du travail L221-17
    • Nouveau Code de procédure civile 873
  • Décision précédente :Cour d'appel d'Aix-en-Provence (8e Chambre commerciale, Section B), 28 janvier 2000
  • Identifiant Légifrance :JURITEXT000007434240
  • Identifiant Judilibre :613723d0cd5801467740e86c
  • Président : M. MERLIN conseiller
  • Avocat général : M. Kehrig
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Résumé

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Texte intégral

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS Sur le pourvoi formé par le Syndicat des maîtres boulangers et boulangers-pâtissiers des Alpes-Maritimes, dont le siège est ..., en cassation d'un arrêt rendu le 28 janvier 2000 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence (8e Chambre commerciale, Section B), au profit de la société Au Pain du matin, société à responsabilité limitée dont le siège est ..., défenderesse à la cassation ; Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ; LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 16 janvier 2002, où étaient présents : M. Merlin, conseiller doyen faisant fonctions de président, M. Poisot, conseiller référendaire rapporteur, M. Texier, conseiller, Mme Maunand, conseiller référendaire, M. Kehrig, avocat général, M. Nabet, greffier de chambre ; Sur le rapport de M. Poisot, conseiller référendaire, les observations de Me Jacoupy, avocat du Syndicat des maîtres boulangers et boulangers-pâtissiers des Alpes-Maritimes, de Me Choucroy, avocat de la société Au Pain du matin, les conclusions de M. Kehrig, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

Sur le moyen

unique :

Vu

l'article L. 221-17 du Code du travail et l'article 873 du nouveau Code de procédure civile ; Attendu que pour infirmer l'ordonnance en référé du président du tribunal de commerce d'Antibes en date du 9 mars 1999 ayant ordonné à la société Au Pain du matin de respecter, sous astreinte, l'arrêté préfectoral du 8 octobre 1953, prescrivant aux boulangers et boulangers-pâtissiers du département des Alpes-Maritimes d'observer un jour de fermeture hebdomadaire, l'arrêt attaqué retient que si dans ses conclusions, après s'être attaché à démontrer qu'il avait bien qualité à agir, le syndicat a développé avec pertinence la thèse selon laquelle la société Au Pain du matin serait bien tenue de respecter les prescriptions à elle opposables d'un arrêté préfectoral toujours en vigueur, pris en application de l'article L. 221-17 du Code du travail, et dont la légalité n'a jamais été contestée, force est cependant de constater que se bornant à une déclaration de principe tout en se référant notamment à une décision du tribunal de commerce de Nantes en date du 5 octobre 1996, il n'a ni prouvé l'existence d'un dommage imminent ou le trouble manifestement illicite qu'il conviendrait de faire cesser ni même l'urgence qu'il y aurait à prendre des mesures conservatoires pour faire cesser un état de fait qui durerait, semble-t-il, depuis des années ;

Qu'en statuant ainsi

, alors qu'en raison de l'atteinte portée à l'intérêt collectif de la profession que représentait le syndicat des maîtres boulangers et boulangers-pâtissiers des Alpes-Maritimes, l'infraction à l'arrêté préfectoral constituait un trouble manifestement illicite, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS

: CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 28 janvier 2000, entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Nîmes ; Condamne la société Au Pain du matin aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, condamne la société Au Pain du matin à payer au Syndicat des maîtres boulangers et boulangers-pâtissiers des Alpes-Maritimes la somme de 1 500 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-sept février deux mille deux.