Cour administrative d'appel de Paris, 8ème Chambre, 26 mai 2015, 14PA04440

Mots clés
étrangers • séjour des étrangers Refus de séjour Motifs • rapport • requête • service • requérant • soutenir • transmission • astreinte • pouvoir • recours • remise • requis • résidence • ressort • risque

Chronologie de l'affaire

Cour administrative d'appel de Paris
26 mai 2015
Tribunal administratif de Paris
2 mai 2014

Synthèse

  • Juridiction : Cour administrative d'appel de Paris
  • Numéro d'affaire :
    14PA04440
  • Type de recours : Excès de pouvoir
  • Nature : Texte
  • Décision précédente :Tribunal administratif de Paris, 2 mai 2014
  • Identifiant Légifrance :CETATEXT000030639651
  • Rapporteur : M. Yves MARINO
  • Rapporteur public :
    M. SORIN
  • Président : M. LAPOUZADE
  • Avocat(s) : POULY CHRISTOPHE
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Résumé

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Texte intégral

Vu la procédure suivante

: Procédure contentieuse antérieure : M. C... A...a demandé au Tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2013 du préfet de police lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à la frontière à l'expiration de ce délai. Par un jugement n° 1400438 du 2 mai 2014, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Procédure devant la Cour : Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2014, M. A..., représenté par MeB..., demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 1400438 du 2 mai 2014 du Tribunal administratif de Paris ; 2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de police du 21 janvier 2013 ; 3°) d'ordonner, avant-dire droit, une expertise en vue de déterminer s'il existe ou non un traitement approprié dans son pays d'origine ; 4°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ; 5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros à verser à son avocat, Me B..., au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il soutient que : - il n'a pas été destinataire de l'avis du médecin chef de la préfecture de police ; - l'avis médical du médecin chef de la préfecture de police n'apporte aucune précision sur le traitement qu'il serait susceptible de recevoir dans son pays d'origine ; - l'arrêté méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le traitement approprié à son état de santé n'est pas disponible dans son pays d'origine ; - la remise en cause du caractère probant des certificats médicaux qu'il verse au dossier méconnaît l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. La requête a été communiquée au préfet de police, qui n'a pas présenté de mémoire en défense. M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal de grande instance de Paris du 9 octobre 2014. Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - l'arrêté du 9 novembre 2011 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des avis rendus par les agences régionales de santé en application de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vue de la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé ; - le code de justice administrative ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 91-1266 du 19 décembre 1991. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de M. Marino a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit

: 1. M. A..., ressortissant sénégalais, a sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 21 janvier 2013, le préfet de police a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office à l'issue de ce délai. M. A... fait appel du jugement du 2 mai 2014 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. 2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle appréciée par l'autorité administrative après avis du directeur général de l'agence régionale de santé, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis (...), à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police. (...) ". Aux termes de l'article R. 313-22 du même code : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour temporaire au vu d'un avis émis par le médecin de l'agence régionale de santé compétente au regard du lieu de résidence de l'intéressé, désigné par le directeur général. Par dérogation, à Paris, ce médecin est désigné par le préfet de police. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur l'existence d'un traitement dans le pays d'origine de l'intéressé. (...)". En vertu de l'article 4 de l'arrêté du 9 novembre 2011 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des avis rendus par les agences régionales de santé pris en application de ces dispositions, le médecin inspecteur de l'agence régionale de santé " émet un avis précisant : si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; s'il existe dans le pays dont il est originaire, un traitement approprié pour sa prise en charge médicale ; la durée prévisible du traitement. Dans le cas où un traitement approprié existe dans le pays d'origine, il peut, au vu des éléments du dossier du demandeur, indiquer si l'état de l'étranger lui permet de voyager sans risque vers ce pays (...). ". 3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A..., qui est atteint de spondyloarthrite axiale nécessitant une surveillance régulière, le préfet de police s'est fondé sur l'avis du 8 octobre 2012 du médecin, chef du service médical de la préfecture de police, dont une copie a été produite au dossier, qui a estimé au vu du dossier médical de M. A...et notamment du rapport médical établi le 8 août 2012 par un médecin du service de rhumatologie du centre universitaire hospitalier Bicêtre, que si l'état de santé de M. A... nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Ce faisant, l'avis dont s'agit comporte l'ensemble des mentions exigées par l'arrêté du 9 novembre 2011 précité et les moyens tirés de son irrégularité et de ce que M A...n'en aurait pas eu connaissance ne peuvent qu'être écartés. 4. En second lieu, M.A..., en se bornant à soutenir qu'en écartant les certificats médicaux qu'il produit sans en préciser la raison, le préfet aurait méconnu l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne relatif au " droit à un recours effectif et à accéder à un tribunal impartial ", ne met, en tout état de cause, pas la Cour en mesure d'apprécier la portée et le bien-fondé de son moyen. 5. En dernier lieu, si M. A...conteste l'appréciation à laquelle s'est livré le préfet, les certificats médicaux dont se prévaut le requérant, établis par des médecins spécialisés en date notamment des 8 août 2012, 24 mai 2012, 7 février 2013 et 23 janvier 2014 sont insuffisamment circonstanciés sur l'impossibilité pour le requérant de bénéficier d'un traitement approprié au Sénégal, alors au demeurant que M. A...produit un certificat médical établi le 27 janvier 2014 par un praticien hospitalier à Dakar faisant état de ce qu'il a été soigné durant cinq ans au Sénégal, et que le préfet verse au dossier divers documents démontrant l'existence dans ce pays de plusieurs structures spécialisées, notamment en orthopédie, susceptibles de l'accueillir. Par suite, il convient, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise demandée, d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. 6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C...A...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de police. Délibéré après l'audience du 11 mai 2015, à laquelle siégeaient : - M. Lapouzade, président de chambre, - M. Marino, président assesseur, - Mme Dhiver, premier conseiller. Lu en audience publique, le 26 mai 2015. Le rapporteur, Y. MARINOLe président, J. LAPOUZADE Le greffier, A. CLEMENT La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. '' '' '' '' 2 N° 14PA04440