Cour de cassation, Chambre sociale, 28 septembre 2022, 20-22.441

Mots clés
contrat • pourvoi • préavis • salaire • principal • absence • condamnation • emploi • preuve • produits • référendaire • relever • remboursement • signification • société

Chronologie de l'affaire

Cour de cassation
28 septembre 2022
Cour d'appel de Caen
1 octobre 2020

Synthèse

  • Juridiction : Cour de cassation
  • Numéro de pourvoi :
    20-22.441
  • Dispositif : Cassation
  • Publication : Inédit au recueil Lebon - Inédit au bulletin
  • Décision précédente :Cour d'appel de Caen, 1 octobre 2020
  • Identifiant européen :
    ECLI:FR:CCASS:2022:SO01048
  • Identifiant Légifrance :JURITEXT000046357246
  • Identifiant Judilibre :6333eb18e5004d05dab7c190
  • Président : M. Pion (conseiller le plus ancien faisant fonction de président)
  • Avocat(s) : SCP Didier et Pinet, SCP Lyon-Caen et Thiriez
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Résumé

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Texte intégral

SOC. CA3 COUR DE CASSATION ______________________ Audience publique du 28 septembre 2022 Cassation partielle M. PION, conseiller le plus ancien faisant fonction de président Arrêt n° 1048 F-D Pourvoi n° F 20-22.441 R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E _________________________ AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________ ARRÊT DE LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, DU 28 SEPTEMBRE 2022 M. [W] [J], domicilié [Adresse 1], a formé le pourvoi n° F 20-22.441 contre l'arrêt rendu le 1er octobre 2020 par la cour d'appel de Caen (chambre sociale, section 1), dans le litige l'opposant : 1°/ à M. [X] [S], domicilié [Adresse 4], 2°/ à Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes, dont le siège est [Adresse 2], défendeurs à la cassation. M. [S] a formé un pourvoi contre le même arrêt. Le demandeur au pourvoi principal et le demandeur au pourvoi incident invoquent, chacun, à l'appui de leur recours, trois moyens de cassation annexés au présent arrêt. Le dossier a été communiqué au procureur général. Sur le rapport de Mme Pecqueur, conseiller référendaire, les observations de la SCP Lyon-Caen et Thiriez, avocat de M. [J], de la SCP Didier et Pinet, avocat de M. [S], après débats en l'audience publique du 5 juillet 2022 où étaient présents M. Pion, conseiller le plus ancien faisant fonction de président, Mme Pecqueur, conseiller référendaire rapporteur, Mme Capitaine, conseiller, et Mme Pontonnier, greffier de chambre, la chambre sociale de la Cour de cassation, composée des président et conseillers précités, après en avoir délibéré conformément à la loi, a rendu le présent arrêt.

Faits et procédure

1. Selon l'arrêt attaqué ([Localité 3], 1er octobre 2020), M. [J] a engagé M. [S] et Mme [M] le 8 septembre 2010 en qualité de jardiniers-gardiens aux termes d'un unique contrat écrit pour trente heures de travail mensuel à eux deux. 2. Les salariés ont démissionné le 16 mai 2015 et M. [S] a saisi la juridiction prud'homale de demandes relatives à l'exécution et à la rupture de son contrat de travail.

Examen des moyens

Sur le premier moyen du pourvoi incident, ci-après annexé

3. En application de l'article 1014

, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen qui n'est manifestement pas de nature à entraîner la cassation.

Mais sur le premier moyen

du pourvoi principal, pris en sa septième branche

Enoncé du moyen

4. L'employeur fait grief à l'arrêt de le condamner à verser au salarié une somme à titre de rappel de salaire et à lui remettre dans le délai de deux mois à compter de la signification de la décision, un bulletin de paie complémentaire par année et une attestation Pôle emploi rectifiée, alors « qu'en déduisant de la seule référence, dans le contrat de travail, à la nécessité de prévenir M. [J] en cas d'absence de plus de 24 heures, que M. [S] était à sa disposition permanente, la cour d'appel a violé l'article L. 3171-4 du code du travail. » Réponse de la Cour

Vu

l'article L. 3171-4 du code du travail : 5. Selon ce texte, en cas de litige relatif à l'existence ou au nombre d'heures de travail accomplies, l'employeur fournit au juge les éléments de nature à justifier les horaires effectivement réalisés par le salarié. Au vu de ces éléments et de ceux fournis par le salarié à l'appui de sa demande, le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. 6. Pour condamner l'employeur à un rappel de salaire, l'arrêt relève d'abord que le contrat de travail prévoit expressément que M. [S] est employé comme jardinier gardien et que le gardiennage consiste à assurer une présence physique dans les lieux, c'est à dire l'habiter selon les règles familiales et impose de signaler au propriétaire toute absence de plus de vingt-quatre heures. 7. Il relève ensuite que l'employeur soutient que le salarié n'a jamais été tenu d'assurer la sécurité du château de manière permanente et que ses fonctions réelles se résumaient à l'entretien des abords immédiats de la propriété ce qui ne nécessitait pas plus de neuf heures de travail mensuel mais que l'employeur ne justifie pas l'avoir déchargé des tâches de gardiennage également énoncées à ce contrat. 8. Il en déduit que tenu de garder contractuellement le domaine et ne pouvant s'absenter plus de vingt-quatre heures sans en informer son employeur, le salarié se trouvait à la disposition de l'employeur à tout le moins pendant trente-cinq heures hebdomadaires même pendant la période où il était employé à temps plein par la société Miko.

9. En se déterminant ainsi

, par des motifs insuffisants à caractériser que le salarié avait réellement accompli les heures de travail dont il réclamait le paiement, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision.

Et sur le deuxième moyen

, pris en sa première branche

Enoncé du moyen

9. L'employeur fait grief à l'arrêt de requalifier la démission en prise d'acte produisant les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse et de le condamner à verser au salarié des sommes à titre d'indemnité compensatrice de préavis, d'indemnité de licenciement et de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, alors « que par application des dispositions de l'article 624 du code de procédure civile, la cassation à intervenir du chef du premier moyen emportera, par voie de conséquence, la censure de l'arrêt en ce qu'il a jugé que la démission de M. [S] devait produire les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse. »

Réponse de la Cour



Vu

l'article 624 du code de procédure civile : 10. La cassation prononcée sur le premier moyen du pourvoi principal entraîne la cassation, par voie de conséquence, des dispositions de l'arrêt requalifiant la démission en prise d'acte de la rupture produisant les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse et condamnant l'employeur à payer au salarié des sommes à titre d'indemnité compensatrice de préavis, d'indemnité de licenciement, et de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Et sur le troisième moyen

, pris en sa première branche

Enoncé du moyen

11. L'employeur fait grief à l'arrêt de le condamner à verser au salarié une somme à titre d'indemnité pour travail dissimulé par un troisième moyen, alors « que la censure qui ne manquera pas d'intervenir du chef du premier moyen emportera, par application de l'article 624 du code de procédure civile, la censure de l'arrêt en ce qu'il a condamné l'employeur à verser au salarié une somme à titre d'indemnité pour travail dissimulé. »

Réponse de la Cour



Vu

l'article 624 du code de procédure civile : 12. La cassation prononcée sur le premier moyen du pourvoi principal entraîne la cassation, par voie de conséquence , des dispositions de l'arrêt condamnant l'employeur à payer au salarié une somme à titre de dommages-intérêts pour travail dissimulé. Portée et conséquences de la cassation 13. La cassation prononcée n'atteint pas le chefs de dispositif condamnant l'employeur au paiement de dommages-intérêts pour absence de congés payés que la critique articulée par les moyens du pourvoi principal n'est pas susceptible d'atteindre. 14. Enfin, elle n'emporte pas cassation des chefs de dispositif de l'arrêt condamnant l'employeur aux dépens ainsi qu'au paiement d'une somme au titre de l'article 700 du code de procédure civile, justifiés par d'autres condamnations prononcées à l'encontre de celui-ci et non remises en cause.

PAR CES MOTIFS

, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres griefs, la Cour : CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'il condamne M. [J] à payer à M. [S] la somme de 3 000 euros à titre de dommages-intérêts pour absence de congés payés et le condamne aux dépens ainsi qu'à payer à M. [S] la somme de 1 300 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, l'arrêt rendu le 1er octobre 2020, entre les parties, par la cour d'appel de Caen ; Remet, sauf sur ces points, l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Rouen ; Condamne M. [S] aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-huit septembre deux mille vingt-deux

MOYENS ANNEXES

au présent arrêt Moyens produits par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, avocat aux Conseils pour M. [J], demandeur au pourvoi principal. PREMIER MOYEN DE CASSATION Monsieur [J] fait grief à l'arrêt attaqué de l'AVOIR condamné à verser à M. [S] la somme de 65 347, 93 euros bruts à titre de rappel de salaire et à remettre à M. [S] dans le délai de deux mois à compter de la signification de la décision, un bulletin de paie complémentaire par année et une attestation Pôle Emploi rectifiée ; 1) ALORS QUE, en application de l'article L. 7221-2 du code du travail, dans sa rédaction alors en vigueur, les dispositions du code du travail relatives à la durée du travail et au temps partiel ne sont pas applicables aux employés de maison qui travaillent au domicile privé de leur employeur et sont soumis à la convention collective des salariés du particulier employeur du 24 novembre 1999 ; qu'il s'en suit qu'un employé de maison travaillant au domicile privé de son employeur ne peut solliciter la requalification de son contrat de travail à temps partiel en contrat à temps complet ; qu'en requalifiant le contrat de travail à temps partiel de M. [S] en contrat à temps complet après avoir pourtant constaté que la relation de travail était soumise à la Convention collective du particulier employeur et que M. [S] travaillait au domicile privé de M. [J], la cour d'appel a violé le texte susvisé, ensemble l'article L. 3123-14 du code du travail, dans sa rédaction alors en vigueur ; 2) ALORS AU SURPLUS QUE l'article 15 de la Convention Collective nationale des salariés du particulier employeur fixe la durée conventionnelle hebdomadaire d'un travail à temps plein à 40 heures ; qu'en requalifiant le contrat de travail à temps partiel de M. [S] en contrat à temps complet après avoir constaté que celui-ci sollicitait un rappel de salaire à hauteur de 35 heures par semaine et jugé qu'il était fondé en sa demande pour un temps de travail hebdomadaire de 35 heures, la cour d'appel, qui n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations dont il résultait qu'en toute hypothèse, M. [S] n'avait jamais travaillé à temps plein, a violé le texte susvisé, ensemble l'article L. 1221-1 du code du travail ; 3) ALORS EN TOUT ETAT DE CAUSE QUE, en retenant, pour dire que M. [S] était fondé à solliciter la requalification de son contrat à temps partiel en contrat à temps plein, que celui-ci aurait été placé à la disposition permanente de son employeur, la cour d'appel, qui a statué par un motif inopérant, a derechef violé l'article L. 7221-2 du code du travail, dans sa rédaction alors en vigueur, ensemble l'article L. 3123-14 du code du travail, dans sa rédaction alors en vigueur ; 4) ALORS EN OUTRE QUE, en retenant, après avoir affirmé que, M. [S], relevant de la Convention Collective du particulier employeur, l'absence de mention dans le contrat de travail à temps partiel de la durée du travail ou de sa répartition ne laissait pas présumer l'existence d'un temps complet, que celui-ci travaillait à temps complet dès lors qu'il était à la disposition permanente de son employeur, la cour d'appel, qui n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a violé l'article L. 7221-2 du code du travail, dans sa rédaction alors en vigueur, ensemble l'article L. 3123-14 du code du travail, dans sa rédaction alors en vigueur ; 5) ALORS EN TOUTE HYPOTHÈSE QUE, en application de l'article L. 3174-1 du code du travail, en cas de litige relatif à l'existence ou au nombre d'heures de travail accomplies, il appartient au salarié de présenter, à l'appui de sa demande, des éléments suffisamment précis quant aux heures non rémunérées qu'il prétend avoir accomplies afin de permettre à l'employeur, qui assure le contrôle des heures de travail effectuées, d'y répondre utilement en produisant ses propres éléments ; qu'en retenant, pour faire droit à la demande de M. [S], que l'employeur ne justifiait pas l'avoir déchargé de ses tâches de gardiennage, la cour d'appel, qui a fait peser la charge de la preuve des heures effectuées sur le seul employeur, a violé l'article susvisé ; 6) ALORS A TOUT LE MOINS QUE, en application de l'article L. 3174-1 du code du travail, en cas de litige relatif à l'existence ou au nombre d'heures de travail accomplies, il appartient au salarié de présenter, à l'appui de sa demande, des éléments suffisamment précis quant aux heures non rémunérées qu'il prétend avoir accomplies afin de permettre à l'employeur, qui assure le contrôle des heures de travail effectuées, d'y répondre utilement en produisant ses propres éléments ; qu'en l'espèce, en se bornant, pour dire que M. [S] était à la disposition permanente de son employeur, à relever que celui-ci était tenu contractuellement de garder le domaine et ne pouvait s'absenter plus de 24 heures sans en informer son employeur, la cour d'appel, qui n'a pas caractérisé des éléments suffisamment précis quant aux heures prétendument non rémunérées et permettant à l'employeur d'y répondre, a privé sa décision de base légale au regard du texte susvisé ; 7) ALORS AU SURPLUS QUE, en déduisant de la seule référence, dans le contrat de travail, à la nécessité de prévenir M. [J] en cas d'absence de plus de 24 heures, que M. [S] était à sa disposition permanente, la cour d'appel a derechef violé l'article L. 3171-4 du code du travail ; 8) ALORS ENFIN QUE, dans ses écritures et pièces à l'appui, M. [J] avait soutenu et démontré que M. [S] ne pouvait en aucun cas être considéré comme étant à sa disposition permanente dès lors qu'il était acquis qu'au moment de son embauche, il travaillait à temps plein au sein de la Société MIKO, que M. [S] reconnaissait lui-même que les tâches de jardinage qui lui étaient dévolues ne représentaient que 9 heures de travail par mois, qu'en outre, M. [S] était bien mal fondé à se prévaloir d'un temps plein alors qu'à la suite de sa démission, M. [J] avait dû engager quelqu'un pour remettre en état l'ensemble des extérieurs du château, ce qui avait représenté plus de 36 heures de travail sur 7 jours et que M. [S] n'avait pas hésité à lui demander d'effectuer des tâches supplémentaires, enfin, que la seule circonstance qu'il ait été tenu de le prévenir en cas d'absence de plus de 24 heures pour de strictes raison de sécurité, ne permettait aucunement de considérer qu'il était à sa disposition permanente, celui-ci ayant tout loisir de vaquer à ses occupations personnelles et de quitter la domaine quand il le souhaitait ; qu'en se bornant à entériner les écritures de M. [S], sans à aucun moment, répondre à ces écritures déterminantes, la cour d'appel a violé l'article 455 du code de procédure civile. DEUXIÈME MOYEN DE CASSATION Monsieur [W] [J] fait grief à l'arrêt attaqué d'AVOIR requalifié la démission en prise d'acte produisant les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse et en conséquence, de l'AVOIR condamné à verser à M. [S] les sommes de 5 156,78 euros bruts à titre d'indemnité compensatrice de préavis, de 2 492,44 euros à titre d'indemnité de licenciement et de 14 000 euros de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ; 1) ALORS QUE, par application des dispositions de l'article 624 du code de procédure civile, la cassation à intervenir du chef du premier moyen emportera, par voie de conséquence, la censure de l'arrêt en ce qu'il a jugé que la démission de M. [S] devait produire les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse ; 2) ALORS EN TOUT ETAT DE CAUSE QUE, en affirmant, pour dire que la démission devait être requalifiée en prise d'acte, qu'au jour de la démission, le litige entre les parties relatif aux factures EDF était toujours en cours dès lors que par courrier en date du 25 avril 2015, M. [J] s'était opposé aux demandes de remboursement émanant de Mme [Z] et de M. [S], cependant que dans ce courrier, M. [J] ne s'était aucunement opposé au paiement des sommes qui lui étaient imputables, exigeant seulement, en vue de leur remboursement, et bien légitimement, que ces sommes reposent sur un dossier compréhensible et complet, la cour d'appel, qui a dénaturé cette pièce déterminante du litige, a violé l'article 4 du code de procédure civile, ensemble, le principe selon lequel il est interdit au juge de dénaturer les éléments de la cause ; 3) ALORS EN OUTRE QUE, en affirmant que la démission devait être qualifiée de prise d'acte après avoir pourtant relevé que les heures prétendument non payées ne l'auraient pas été depuis le début de la relation de travail sans que M. [S] ne formule aucune revendication, et alors que le litige relatif aux factures était réglé, la cour d'appel, qui n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a derechef violé les articles L. 1221-1 du code du travail et 1103 du code civil. 4) ALORS PAR AILLEURS QUE, en se bornant, pour dire que la prise d'acte devait produire les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, à relever que prétendu le non-paiement des heures de travail effectuées était d'une gravité suffisante, sans préciser, ni expliquer en quoi ce manquement rendait impossible la poursuite du contrat de travail, la cour d'appel a violé l'article L. 1221-1 du code du travail, ensemble, l'article 1134 du code civil, dans sa rédaction alors en vigueur ; 5) ALORS ENFIN QUE, en retenant que le prétendu non-paiement des heures de travail effectuées justifiait la rupture aux torts de l'employeur après avoir pourtant constaté que ce prétendu manquement avait cours depuis le début de la relation de travail, sans aucune protestation de la part de M. [S], soit depuis 5 ans, la cour d'appel, qui n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations dont il résultait que ce manquement n'avait pas empêché la poursuite du contrat de travail, a derechef violé les articles L. 1221-1 du code du travail et 1134 du code civil, dans sa rédaction alors en vigueur. TROISIÈME MOYEN DE CASSATION Monsieur [W] [J] fait grief à l'arrêt de l'AVOIR condamné à verser à M. [S] la somme de 15 470,34 euros à titre d'indemnité pour travail dissimulé ; 1) ALORS QUE, la censure qui ne manquera pas d'intervenir du chef du premier moyen emportera, par application de l'article 625 du code de procédure civile, la censure de l'arrêt en ce qu'il a condamné M. [J] à verser à M. [S] la somme de 15 470,34 euros à titre d'indemnité pour travail dissimulé ; 2) ALORS EN TOUTE HYPOTHESE QUE, dans ses écritures, M. [J] avait soutenu et démontré qu'il n'était presque jamais dans le domaine dans lequel M. [S] exécutait sa prestation de travail en sorte qu'il n'avait pu avoir connaissance des prétendues heures effectuées et qu'il avait seulement indiqué à ses salariés de le prévenir à l'avance en cas de départ de plus de 24 heures, sans jamais toutefois leur demander de se tenir à sa disposition permanente ; qu'en se bornant à déduire de la requalification en temps complet, une intention de dissimuler une partie des heures effectuées, sans rechercher si M. [J], employeur particulier, qui n'était pas soumis aux règles relatives à la durée du travail, avait effectivement exigé une disponibilité permanente et à tout le moins, aurait pu en être informé alors même qu'il n'était jamais présent, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 8221-5 du code du travail. Moyens produits par la SCP Didier et Pinet, avocat aux Conseils pour M. [S], demandeur au pourvoi incident. PREMIER MOYEN DE CASSATION M. [S] fait grief à l'arrêt attaqué de l'AVOIR déboutée de sa demande en paiement de dommages et intérêts pour atteinte à sa santé et à sa sécurité ; ALORS QU'il appartient au particulier employeur de justifier du respect du repos hebdomadaire d'une durée minimale de vingt-quatre heures consécutives prévu par la convention collective nationale des salariés du particulier employeur du 24 novembre 1999 au bénéfice des employés de maison ; que, pour débouter M. [S] de sa demande en paiement de dommages et intérêts pour atteinte à sa santé et à sa sécurité en raison du non-respect par l'employeur de son droit à un repos hebdomadaire, la cour d'appel a retenu que, « dans la mesure où M. [S] a limité sa demande de rappel de salaire à 35h hebdomadaires et n'établit ni même ne prétend qu'il aurait effectué ce temps de travail à raison de 5h par jour 7 jours / 7, il ne saurait utilement prétendre n'avoir pas bénéficié d'au moins un jour de repos par semaine » ; qu'en statuant ainsi, quand il incombait à M. [J] de rapporter la preuve que le salarié, qui le déniait, avait pu bénéficier de son repos hebdomadaire, la cour d'appel a renversé la charge de la preuve, violant l'article 1315 du code civil en sa rédaction antérieure à l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016. DEUXIÈME MOYEN DE CASSATION M. [S] fait grief à l'arrêt attaqué d'AVOIR assorti la condamnation de M. [J] à lui payer la somme de 65.347,93 euros bruts de rappel de salaire, congés payés afférents inclus, des intérêts au taux légal à compter seulement du 24 avril 2018 ; ALORS QUE la décision de condamnation d'un employeur au paiement de sommes à titre de rappel de salaire et de congés payés y afférents ne faisant que constater ces dettes, les intérêts moratoires des sommes réclamées par le salarié sont dus dès la mise en demeure résultant de la citation devant le bureau de conciliation ; qu'en retenant que « les sommes allouées à M. [S] à titre de rappel de salaire, d'indemnité compensatrice de préavis et d'indemnité de licenciement] produiront intérêts au taux légal à compter du 24 avril 2018, date de dépôt des premières conclusions chiffrant les demandes », quand les intérêts moratoires étaient dus à compter de la date de la convocation de M. [J] devant le bureau de conciliation, datée du 9 juillet 2015, la cour d'appel a violé l'article 1153 du code civil dans sa rédaction antérieure à l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 et l'article R. 1452-5 du code du travail dans sa rédaction antérieure au décret n° 2016-660 du 20 mai 2016. TROISIÈME MOYEN DE CASSATION M. [S] fait grief à l'arrêt attaqué d'AVOIR assorti les condamnations de M. [J] à titre d'indemnité compensatrice de préavis et d'indemnité de licenciement des intérêts au taux légal à compter seulement du 24 avril 2018 ; ALORS QUE la décision de condamnation d'un employeur au paiement d'une somme à titre d'indemnités compensatrices de préavis et de licenciement ne faisant que constater ces dettes, les intérêts moratoires des sommes réclamées à ce titre par le salarié sont dus, lorsqu'elles ne sont pas comprises dans la citation devant le bureau de conciliation, à compter de leur demande en justice par voie de conclusions ; qu'en retenant que « les sommes allouées à M. [S] à titre d'indemnité compensatrice de préavis et d'indemnité de licenciement produiront intérêts au taux légal à compter du 24 avril 2018, date de dépôt des premières conclusions chiffrant les demandes », quand les intérêts moratoires étaient dus à compter de la date de la demande de M. [S] en paiement de l'indemnité de préavis et de l'indemnité de licenciement, formulée par voie de conclusions du 3 décembre 2015, la cour d'appel a violé l'article 1153 du code civil dans sa rédaction antérieure à l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016.