Tribunal judiciaire de Versailles, 18 juin 2026, 26/00340
Mots clés
Contrats • Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction • Demande d'exécution de travaux, ou de dommages-intérêts, formée par le maître de l'ouvrage contre le constructeur ou son garant, ou contre le fabricant d'un élément de construction
Chronologie de l'affaire
Tribunal judiciaire de Versailles
18 juin 2026
Tribunal judiciaire de Versailles
31 mars 2026
Tribunal judiciaire de Versailles
23 septembre 2025
Tribunal judiciaire de Versailles
4 juin 2024
Tribunal judiciaire de Versailles
18 janvier 2022
Synthèse
- Juridiction : Tribunal judiciaire de Versailles
- Numéro de pourvoi :26/00340
- Dispositif : Désigne un expert ou un autre technicien
- Référence abrégée : TJ Versailles, 18 juin 2026, n° 26/00340
- Décision précédente :Tribunal judiciaire de Versailles, 18 janvier 2022
- Identifiant Judilibre :6a3c269ccdc6046d4792daa0
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18 juin 2026
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31 mars 2026
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Résumé
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Partie demanderesse
Personne physique anonymisée
défendu(e) par CHEVILLARD-BUISSON Anne-Sophie
Parties défenderesses
ALBRAND ET MARROU ARCHITECTES
défendu(e) par POULAIN Sophie
AXA FRANCE IARD
défendu(e) par MATHIEU Amélie
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
18 JUIN 2026
N° RG 26/00340 - N° Portalis DB22-W-B7K-TXE3
Code NAC : 54G
DEMANDEURS
Monsieur [B] [L] [O], né le 25 mai 1983 à [Localité 1] (33), demeurant [Adresse 1]
Madame [S] [H] épouse [L] [O], née le 31 mai 1985 à [Localité 2] (13), demeurant [Adresse 1]
Représentés par Maître Anne-sophie CHEVILLARD-BUISSON, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 441
DEFENDERESSES
[Z] ET [X] ARCHITECTES, société à responsabilité limitée, inscrite au R.C.S de [Localité 3] sous le n° 487 867 731, dont le siège social est sis [Adresse 2], prise en la personne de son représentant légal, domicilié en cette qualité audit siège,
Représentée par Maître Sophie POULAIN, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 180
AXA FRANCE IARD, société anonyme, inscrite au R.C.S de [Localité 4] sous le n° 722 057 460, dont le siège social est sis [Adresse 3], prise en la personne de son représentant légal, domicilié en cette qualité audit siège,
Représentée par Maître Amélie MATHIEU, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 178
MUTUELLE ARCHITECTES FRANCAIS, société d'assurance à forme mutuelle, non inscrite au R.C.S, SIREN n°784 647 349, dont le siège social est sis [Adresse 4], prise en la personne de son représentant légal, domicilié en cette qualité audit siège,
Non représentée,
***
Débats tenus à l'audience du 16 avril 2026
Nous, Eric MADRE, Vice-Président, assisté de Elodie NINEL, Greffière placée,
Après avoir entendu les parties comparantes ou leur conseil, à l'audience du 16 avril 2026, l'affaire a été mise en délibéré au 18 juin 2026, date à laquelle l'ordonnance suivante a été rendue :
FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS & MOYENS DES PARTIES
M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O] sont propriétaires d'un bien immobilier situé [Adresse 5] ([Localité 3]) pour lequel ils ont fait réaliser des travaux par la société [Z] et [X] Architectes et la société Terre de Bâtiment.
Le 10 avril 2025, ils ont fait constater par un commissaire de justice l'existence de désordres sur l'ouvrage, après avoir sommé la société Terre de Bâtiment de se présenter à une réunion de réception.
Le 8 mai 2025, le procès-verbal a été notifié à la société Terre de Bâtiment à laquelle il est demandé la prise en charge des désordres par son assureur, la société AXA France IARD.
De nouveaux désordres sont invoqués par la suite, en janvier 2026.
Suivant acte de commissaire de justice en date des 20 et 23 février 2026 et du 4 mars 2026, M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O] ont fait assigner la société [Z] et [X] Architectes, son assureur, la société Mutuelle Architecte Français et l'assureur de la société Terre de Bâtiment, la société AXA France IARD en référé expertise devant le président du tribunal judiciaire de Versailles.
Lors de l'audience du 16 avril 2026, M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O] maintiennent leurs demandes.
La société AXA France IARD ne s'oppose pas à la demande d'expertise mais formule toutes protestations et réserves quant à son éventuelle responsabilité.
Assignée à personne morale, la société Mutuelle Architecte Français n'a pas constitué avocat.
Après avoir constitué avocat et formulé par écrit des protestations et réserves, la société [Z] et [X] Architectes n'est pas représentée à l'audience.
Il est renvoyé à l'acte introductif d'instance pour un plus ample exposé des moyens qui y sont contenus.
SUR CE,
Sur la demande d'expertise : L'article 145 du code de procédure civile dispose que s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. Ce texte suppose l'existence d'un motif légitime c'est-à-dire un fait crédible et plausible, ne relevant pas de la simple hypothèse qui présente un lien utile avec un litige potentiel futur dont l'objet et le fondement juridique sont suffisamment déterminés et dont la solution peut dépendre de la mesure d'instruction sollicitée à condition que cette mesure ne porte pas une atteinte illégitime aux droits d'autrui. Elle doit être pertinente et utile. Ainsi, si le demandeur à la mesure d'instruction n'a pas à démontrer l'existence des faits qu'il invoque puisque cette mesure in futurum est justement destinée à les établir, il doit néanmoins justifier d'éléments rendant crédibles ses suppositions et justifier que le litige potentiel n'est pas manifestement voué à l'échec et que la mesure est de nature à améliorer la situation probatoire du demandeur. Enfin, l'application de cet article n'implique aucun préjugé sur la responsabilité des parties appelées à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d'être ultérieurement engagé. En l'espèce, alors que le débat sur la teneur et l'imputabilité des désordres relève du juge du fond, M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O] justifient, au regard des constations par commissaire de justice en date des 19 décembre 2024 et 10 avril 2025, d'un motif légitime à ce qu'un technicien judiciaire détermine la réalité et l'origine des désordres, malfaçons et non façons allégués affectant la maison, objet des travaux effectués par les défendeurs, un procès éventuel n'étant pas manifestement voué à l'échec. Les conditions d'application des dispositions de l'article 145 du code de procédure civile étant réunies, il convient ainsi d'ordonner la mesure d'expertise requise, dans les termes du dispositif, en mettant à la charge de M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O] le paiement de la provision initiale. Sur les demandes accessoires : L'article 491, alinéa 2, du code de procédure civile précise que la juridiction des référés statue sur les dépens. L'article 696 dudit code dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. A la lumière de ce qui précède et la demande étant fondée sur l'article 145 du code de procédure civile, les dépens doivent demeurer à la charge de M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O]. En effet les dépens ne sauraient être réservés, comme réclamé à tort par M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O], dans la mesure où la présente ordonnance met fin à l'instance.PAR CES MOTIFS
Nous, Eric Madre, vice-président, statuant en référé sur délégation du président du tribunal judiciaire de Versailles, par mise à disposition de la présente ordonnance au greffe le jour du délibéré, après débats en audience publique, par décision réputée contradictoire, en premier ressort, DONNONS ACTE à la société [Z] et [X] Architectes et à la société AXA France IARD de leurs protestations et réserves ; ORDONNONS une mesure d'expertise ; DÉSIGNONS pour y procéder : M. [D] [P] [Adresse 6] [Localité 5] Email : [Courriel 1] Téléphone portable : [XXXXXXXX01] expert inscrit sur les listes de la cour d'appel de [Localité 3], lequel pourra prendre l'initiative de recueillir l'avis d'un autre technicien, mais seulement dans une spécialité distincte de la sienne, avec mission de : 1° - se faire préciser les liens contractuels entre les divers intervenants ; 2° - relever et décrire les désordres et malfaçons allégués expressément dans l'assignation et affectant l'immeuble litigieux, ainsi que les non conformités et inachèvements allégués au regard des documents contractuels liant les parties, en particulier les réserves émises par les demandeurs ; 3° - en détailler l'origine, les causes et l'étendue, et fournir tous éléments permettant à la juridiction de déterminer à quels intervenants ces désordres, malfaçons et inachèvements sont imputables, et dans quelles proportions ; 4° - donner son avis sur les conséquences de ces désordres, malfaçons et inachèvements quant à la solidité, l'habitabilité, l'étanchéité, l'esthétique du bâtiment, et, plus généralement quant à l'usage qui peut en être attendu ou quant à la conformité à sa destination ; 5° - dire si les travaux ont été conduits conformément aux documents contractuels et aux règles de l'art ; 6° - fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction saisie de déterminer, le cas échéant, la date de réception de l'ouvrage ; 7° - à partir de devis d'entreprises fournis par les parties, sur proposition, le cas échéant du maître d'œuvre de leur choix, donner un avis sur la ou les solutions appropriées pour remédier aux désordres entachant l'ouvrage et sur le coût des travaux utiles ; 8° - donner son avis sur les préjudices et coûts induits par ces désordres, malfaçons, inachèvements ou non conformités et sur leur évaluation, dès lors que ces demandes sont présentées de manière motivée ; 9° - rapporter toutes autres constatations utiles à l'examen des prétentions des parties ; DISONS que pour procéder à sa mission l'expert devra : convoquer et entendre les parties, assistées, le cas échéant, de leurs conseils, et recueillir leurs observations à l'occasion de l'exécution des opérations ou de la tenue des réunions d'expertise ;se faire remettre toutes pièces utiles à l'accomplissement de sa mission, notamment, s'il le juge utile, les pièces définissant le marché, les plans d'exécution, le dossier des ouvrages exécutés ;se rendre sur les lieux, [Adresse 5] ([Localité 3]) et si nécessaire en faire la description, au besoin en constituant un album photographique et en dressant des croquis ;à l'issue de la première réunion d'expertise, ou dès que cela lui semble possible, et en concertation avec les parties, définir un calendrier prévisionnel de ses opérations ; l'actualiser ensuite dans le meilleur délai :en faisant définir une enveloppe financière pour les investigations à réaliser, de manière à permettre aux parties de préparer le budget nécessaire à la poursuite de ses opérations ;en indiquant les mises en cause, les interventions volontaires ou forcées qui lui paraissent nécessaires et en invitant les parties à procéder auxdites mises en cause dans le délai qu'il fixera ;en les informant de l'évolution de l'estimation du montant prévisible de ses frais et honoraires et en les avisant de la saisine du juge du contrôle des demandes de consignations complémentaires qui s'en déduisent ;en les informant, le moment venu, de la date à laquelle il prévoit de leur adresser son document de synthèse ;au terme de ses opérations, adresser aux parties un document de synthèse, sauf exception dont il s'expliquera dans son rapport, et y arrêter le calendrier de la phase conclusive de ses opérations :fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse, dans un délai qui ne pourra pas être inférieur à trente jours à compter de la transmission de celui-ci ;rappelant aux parties, au visa de l'article 276, alinéa 2, du code de procédure civile, qu'il n'est pas tenu de prendre en compte les observations transmises au-delà de ce délai ; DISONS qu'en cas d'urgence ou de péril en la demeure reconnue par l'expert, ce dernier pourra autoriser les demandeurs à faire exécuter à leurs frais avancés, pour le compte de qui il appartiendra, les travaux estimés indispensables par l'expert, sous la direction du maître d'œuvre des demandeurs, par des entreprises qualifiées de leur choix ; que, dans ce cas, l'expert déposera une note circonstanciée aux parties, précisant la nature, l'importance et le coût de ces travaux ; FIXONS à la somme de 3 000,00 € (TROIS MILLE EUROS) la provision concernant les frais d'expertise qui devra être consignée par M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O] à la régie du tribunal judiciaire de Versailles le 31 décembre 2026 au plus tard ; DISONS que le règlement peut être effectué par virement bancaire (en demandant le RIB à l'adresse mail : [Courriel 2]) ou soit par chèque à l'ordre de la régie d'avances et recettes du tribunal judiciaire de Versailles, accompagné de la copie de la présente décision ; RAPPELONS que la saisine de l'expert est subordonnée à la consignation préalable de cette somme ; DISONS que faute de consignation de la provision dans ce délai impératif, ou demande de prorogation sollicitée en temps utile, la désignation de l'expert sera caduque et de nul effet ; DISONS que l'expert sera saisi et effectuera sa mission conformément aux dispositions des articles 232 à 248, 263 à 284-1 du code de procédure civile et qu'il déposera l'original de son rapport au greffe du tribunal dans les six mois de sa saisine sauf prorogation de ce délai dûment sollicitée en temps utile de manière motivée auprès du Juge du contrôle ; DISONS que l'exécution de la mesure d'instruction sera suivie par le juge du service du contrôle des mesures d'instruction de ce tribunal, spécialement désigné à cette fin en application des article 155 et 155-1 du même code ; DISONS que les dépens resteront à la charge de M. [B] [L] [O] et Mme [S] [H] épouse [L] [O] ; RAPPELONS que : 1) le coût final des opérations d'expertise ne sera déterminé qu'à l'issue de la procédure ; 2) la partie qui est invitée par la présente décision à faire l'avance des honoraires de l'expert n'est pas nécessairement celle qui en supportera la charge finale, à l'issue du procès ; RAPPELONS que la présente ordonnance bénéficie de plein droit de l'exécution provisoire. Prononcé par mise à disposition au greffe le DIX HUIT JUIN DEUX MIL VINGT SIX par Eric MADRE, Vice-Président, assisté de Elodie NINEL, Greffière placée, lesquels ont signé la minute de la présente décision. LA GREFFIÈRE LE VICE-PRÉSIDENT Elodie NINEL Eric MADRECommentaires sur cette affaire
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