Tribunal judiciaire de Saint-Malo, 18 juin 2026, 26/00027
Mots clés
Responsabilité et quasi-contrats • Dommages causés par des véhicules • Demande en réparation des dommages causés par des véhicules terrestres à moteur • préjudice • société • prétention • produits
Synthèse
- Juridiction : Tribunal judiciaire de Saint-Malo
- Numéro de pourvoi :26/00027
- Dispositif : Désigne un expert ou un autre technicien
- Référence abrégée : TJ Saint-malo, 18 juin 2026, n° 26/00027
- Identifiant Judilibre :6a359f5acdc6046d47fabb3c
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Résumé
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Partie demanderesse
CPAM D'ILLE ET VILAINE
Parties défenderesses
MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES
défendu(e) par LE GOFF Caroline du Cabinet SELARL KERJEAN-LE GOFF-NADREAU-NEYROUD
MMA IARD
défendu(e) par LE GOFF Caroline du Cabinet SELARL KERJEAN-LE GOFF-NADREAU-NEYROUD
Personne physique anonymisée
défendu(e) par TELLIER Jean-Louis du Cabinet ALPHA LEGIS
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Texte intégral
SERVICE DES RÉFÉRÉS
18 Juin 2026
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N° RG 26/00027 - N° Portalis DBYD-W-B7K-DYPG
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
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TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT MALO
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ORDONNANCE DE REFERE
JUGE DES RÉFÉRÉS : Monsieur PLOUX Gwénolé, Président
Greffier : Madame LE DUFF Maryline
Débats à l'audience publique du 7 Mai 2026 ;
Décision par mise à disposition au greffe le 18 Juin 2026, la date du 4 Juin 2026 indiquée à l'issue des débats et la date du 11 Juin 2026 ayant été prorogées à ce jour ;
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DEMANDEUR :
Monsieur [G] [Z], né le [Date naissance 1] 1989 à [Localité 1], demeurant [Adresse 1]
Rep/assistant : Maître Jean-Louis TELLIER de la SELARL ALPHA LEGIS, avocats au barreau de SAINT-MALO
DÉFENDEURS :
Compagnie d'assurance MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES, dont le siège social est sis [Adresse 2]
Rep/assistant : Maître Caroline LE GOFF de la SELARL KERJEAN-LE GOFF-NADREAU-NEYROUD, avocats au barreau de SAINT-MALO
CPAM D'ILLE ET VILAINE, prise en la personne de son représentant légal, dont le siège social est sis [Adresse 3]
Non représentée
PARTIE INTERVENANTE :
Compagnie d'assurance MMA IARD SA, prise en la personne de son représentant légal dont le siège social est sis [Adresse 2]
Rep/assistant : Maître Caroline LE GOFF de la SELARL KERJEAN-LE GOFF-NADREAU-NEYROUD, avocats au barreau de SAINT-MALO
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EXPOSE DU LITIGE
Le 8 juin 2024, une collision s'est produite entre Monsieur [G] [Z] circulant en moto sur la départementale 80 dans le sens [Localité 2] de Bretagne et Monsieur [B] [N], conduisant un véhicule RENAULT immatriculé [Immatriculation 1] appartenant à la société ARZH.
Monsieur [Z] a été directement pris en charge par le service des urgences du Centre Hospitalier de [Localité 3] puis par le service d'orthopédie du Centre Hospitalier de [Localité 4] jusqu'au 14 juin 2024.
Une expertise médicale amiable et contradictoire était organisée dans le cadre de la loi Badinter et confiée aux docteurs [H] et [D] qui ont établi un rapport le 17 septembre 2025.
Par actes de commissaire de justice des 28 et 30 janvier 2026, Monsieur [G] [Z] a fait assigner la société MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES et la CPAM d'Ille-et-Vilaine devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Saint-Malo, auquel il demande d'ordonner une expertise médicale sur sa personne et de désigner à cette fin un expert ayant pour mission d'évaluer ses préjudices corporels en lien avec l'accident survenu le 8 juin 2024.
Dans leurs conclusions notifiées par RPVA le 8 avril 2026, les sociétés MMA IARD et MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES, en leur qualité d'assureur de la société ARZH, demandent au juge des référés de :
- Déclarer la société MMA IARD SA recevable et bien fondée en son intervention volontaire à la présente instance,
- Constater qu'elles émettent toutes protestations et réserves d'usage quant à l'opportunité de la mesure d'instruction sollicitée par Monsieur [Z], quant à la mobilisation de leurs garanties et quant à la recevabilité et au bien-fondé des demandes susceptibles d'être formées à leur encontre, dans le cadre d'une action au fond,
- Déclarer l'ordonnance ayant vocation à être rendue, de même que les opérations d'expertise judiciaire consécutives, communes et opposables à la CPAM d'ILLE-ET-VILAINE.
La CPAM d'Ille-et-Vilaine, régulièrement assignée n'a pas constitué avocat.
Le dossier était évoqué à l'audience des référés du 7 mai 2026 et mis en délibéré au 4 juin 2026, prorogé au 11 juin 2026 puis au 18 juin 2026.
Motifs de la décision
Sur l'intervention volontaire de la société MMA IARD SA L'article 31 du code de procédure civile dispose que " L'action est ouverte à tous ceux qui ont un intérêt légitime au succès ou au rejet d'une prétention sous réserve des cas dans lesquels la loi attribue le droit d'agir aux seules personnes qu'elle qualifie pour élever ou combattre une prétention, ou pour défendre un intérêt déterminé ". En vertu des articles 328 et 329 du même code, l'intervention volontaire est principale ou accessoire. L'intervention est principale lorsqu'elle élève une prétention au profit de celui qui la forme et n'est recevable que si son auteur a le droit d'agir relativement à cette prétention. En l'espèce, il y a lieu de déclarer recevable l'intervention volontaire de la société MMA IARD SA en qualité d'assureur du véhicule appartenant à la société ARZH. Sur la demande d'expertise L'article 145 du code de procédure civile dispose que " s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ". Il n'implique aucun préjugé sur la responsabilité des personnes appelées comme parties à la procédure ni sur les chances de succès du procès susceptible d'être ultérieurement engagé. La légitimité du motif résulte de la démonstration du caractère plausible et crédible du litige, bien qu'éventuel et futur. Il appartient au juge de vérifier qu'un tel procès est possible et qu'il a un objet et un fondement suffisamment déterminés. Il ne peut s'opposer à l'expertise que si la demande est destinée à soutenir une prétention dont le mal fondé est évident et manifestement vouée à l'échec ou si la mesure d'instruction est dénuée d'utilité. L'intérêt légitime suppose donc que l'action au fond soit susceptible d'être engagée à l'encontre des défendeurs. En l'espèce, au regard de l'accident subi par Monsieur [Z] le 8 juin 2024 lui ayant occasionné des préjudices corporels, celui-ci justifie d'un motif légitime au soutien de sa demande d'expertise qu'il convient d'ordonner. La présente décision sera déclarée commune et opposable à la CPAM d'Ille-et-Vilaine. Sur les autres demandes Les dépens, comprenant les frais de l'expertise, seront à la charge de Monsieur [Z], sauf transaction ou éventuel recours ultérieur au fond.PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire et en premier ressort, Déclarons recevable l'intervention volontaire de la société MMA IARD SA en sa qualité d'assureur du véhicule appartenant à la société ARZH ; Ordonnons une expertise ; Commettons pour y procéder, le docteur [P] [E], experte inscrite sur la liste des experts de la Cour d'appel de Rennes, avec la mission suivante : - Après avoir recueilli les renseignements nécessaires sur l'identité de la victime et sa situation, les conditions de son activité professionnelle, son niveau scolaire s'il s'agit d'un enfant ou d'un étudiant, son statut et/ou sa formation s'il s'agit d'un demandeur d'emploi, son mode de vie antérieur à l'accident et sa situation actuelle, 1) A partir des déclarations de la victime, au besoin de ses proches et de tout sachant, des documents médicaux fournis, décrire en détail les lésions initiales, les modalités de traitement, en précisant le cas échéant, les durées exactes d'hospitalisation, et pour chaque période d'hospitalisation, le nom de l'établissement, les services concernés et la nature des soins ; 2) Recueillir les doléances de la victime et au besoin de ses proches ; l'interroger sur les conditions d'apparition des lésions, l'importance des douleurs, la gêne fonctionnelle subie et leurs conséquences ; 3) Décrire au besoin un état antérieur en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles (notamment les éventuels antécédents dentaires) ; 4) Procéder, en présence des médecins mandatés par les parties avec l'assentiment de la victime, à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime ; 5) A l'issue de cet examen analyser dans un exposé précis et synthétique, la réalité des lésions initiales, la réalité de l'état séquellaire et l'imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales en précisant au besoin l'incidence d'un état antérieur ; 6) Pertes de gains professionnels actuels Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité d'exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle, et en cas d'incapacité partielle, préciser le taux et la durée, préciser la durée des arrêts de travail retenus par l'organisme social au vu des justificatifs produits (ex : décomptes de l'organisme de sécurité sociale), et dire si ces arrêts de travail sont liés au fait dommageable ; 7) Déficit fonctionnel temporaire Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire dans l'incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles et en cas d'incapacité partielle, préciser le taux et la durée ; 8) Fixer la date de consolidation et, en l'absence de consolidation, dire à quelle date il conviendra de revoir la victime ; préciser, lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l'évaluation d'une éventuelle provision ; 9) Déficit fonctionnel permanent Indiquer si, après la consolidation, la victime subit un déficit fonctionnel, et en évaluer l'importance et en chiffrer le taux ; dans l'hypothèse d'un état antérieur préciser en quoi l'accident a eu une incidence sur cet état antérieur et décrire les conséquences ; 10) Assistance par tierce personne Indiquer le cas échéant si l'assistance constante ou occasionnelle d'une tierce personne (étrangère ou non à la famille) est ou a été nécessaire pour effectuer les démarches et plus généralement pour accomplir les actes de la vie quotidienne, et préciser la nature de l'aide à prodiguer et sa durée quotidienne ; 11) Dépenses de santé futures Décrire les soins futurs et les aides techniques compensatoires au handicap de la victime (prothèses, appareillages spécifiques, véhicule) en précisant la fréquence de leur renouvellement); 12) Frais de logement et/ou de véhicules adaptés Donner son avis sur d'éventuels aménagements nécessaires pour permettre, le cas échéant, à la victime d'adapter son logement et/ou son véhicule à son handicap ; 13) Pertes de gains professionnels futurs Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l'obligation pour la victime de cesser totalement ou partiellement son activité professionnellement ou de changer d'activité professionnelle ; 14) Incidence professionnelle Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d'autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, " dévalorisation " sur le marché du travail, etc.) ; 15) Préjudice scolaire, universitaire ou de formation Si la victime est scolarisée ou en cours d'études, dire si en raison des lésions consécutives du fait traumatique, elle subit une perte d'année scolaire, universitaire ou de formation, l'obligeant, le cas échéant, à se réorienter ou à renoncer à certaines formations ; 16) Souffrances endurées Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales découlant des blessures subies pendant la maladie traumatique (avant consolidation) et les évaluer distinctement dans une échelle de 1 à 7 ; 17) Préjudice esthétique temporaire et/ou définitif Donner un avis sur l'existence, la nature ou l'importance du préjudice esthétique, en distinguant éventuellement le préjudice temporaire et le préjudice définitif. Evaluer distinctement les préjudices temporaire et définitif sur une échelle de 1 à 7 ; 18) Préjudice sexuel Indiquer s'il existe ou s'il existera un préjudice sexuel (perte ou diminution de la libido, impuissance ou frigidité, perte de fertilité) ; 19) Préjudice d'établissement Dire si la victime subit une perte d'espoir ou de chance de normalement réaliser un projet de vie familiale ; 20) Préjudice d'agrément Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si la victime est empêchée en tout ou partie de se livrer à ces activités spécifiques de sport ou de loisir ; 21) Préjudice permanents exceptionnels Dire si la victime subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés aux handicaps permanents ; 22) Dire si l'état de la victime est susceptible de modification en aggravation ; 23) Etablir un état récapitulatif de l'ensemble des postes énumérés dans la mission ; 24) Relater toutes les constatations ou observations n'entrant pas dans le cadre des rubriques mentionnées ci-dessus que l'expert jugera nécessaires pour l'exacte appréciation des préjudices subis par le patient et en tirer toutes les conclusions médico-légales ; 25) Etablir un pré-rapport, répondre aux observations des parties. Ordonnons aux parties et à tous tiers détenteurs de remettre sans délai à l'expert tout document qu'ils estimeront utile à l'accomplissement de sa mission ; Disons que : - l'expert devra faire connaître sans délai son acceptation au juge chargé du contrôle de l'expertise et devra commencer ses opérations dès sa saisine, - en cas d'empêchement ou de refus de l'expert, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé du contrôle de l'expertise, - l'expert devra accomplir sa mission conformément aux articles 263 et suivants du code de procédure civile, notamment en ce qui concerne le caractère contradictoire des opérations, - l'expert devra tenir le juge chargé du contrôle de l'expertise, informé du déroulement de ses opérations et des difficultés rencontrées dans l'accomplissement de sa mission, - l'expert est autorisé à s'adjoindre tout spécialiste de son choix sous réserve d'en informer le juge chargé du contrôle de l'expertise et les parties étant précisé qu'il pourra dans ce cas solliciter une provision complémentaire destinée à couvrir les frais du recours au sapiteur, - l'expert pourra, en cas de besoin, remettre un pré-rapport aux parties en considération de la complexité technique de la mission, - l'expert devra déposer son rapport définitif et sa demande de rémunération au greffe du tribunal, dans le délai de rigueur de QUATRE mois à compter de sa saisine (sauf prorogation dûment autorisée) et communiquer ces deux documents aux parties ; Disons que les frais d'expertise seront avancés par Monsieur [Z], qui devra consigner la somme de NEUF CENT QUATRE VINGT EUROS (980 euros) dans le mois de la présente décision, à valoir sur la rémunération de l'expert, par virement bancaire (RIB à demander à la régie : [Courriel 1]) auprès de la régie d'avances et de recettes du tribunal judiciaire de Saint-Malo, étant précisé que : - à défaut de consignation dans le délai imparti, la désignation de l'expert sera caduque de plein droit, (sauf décision contraire en cas de motif légitime) et il sera tiré toutes conséquences de l'abstention ou du refus de consigner, - chaque partie est autorisée à procéder à la consignation de la somme mise à la charge de l'autre en cas de carence ou de refus, - la personne ci-dessus désignée sera dispensée de consignation au cas où elle serait bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, sous réserve du dépôt de la décision d'aide juridictionnelle au greffe avant la même date que celle indiquée ci-dessus ; Commettons le président du tribunal et à défaut tout autre juge du siège du tribunal judiciaire, pour surveiller l'exécution de la mesure ; Disons commune et opposable la présente décision à la CPAM d'Ille et-Vilaine ; Disons que les dépens seront mis à la charge de Monsieur [Z], sauf transaction ou éventuel recours ultérieur au fond. Le greffier Le juge des référésCommentaires sur cette affaire
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