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Tribunal judiciaire du Mans, 12 juin 2026, 26/00176

Mots clés
Contrats • Vente • Demande en garantie des vices cachés ou tendant à faire sanctionner un défaut de conformité • vente • procès • provision • réparation • recours • référé • siège • société • restitution

Synthèse

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Résumé

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Partie demanderesse
Personne physique anonymisée
défendu(e) par BOULET Matthieu
Partie défenderesse

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Texte intégral

Minute n°26/ ORDONNANCE DU : 12 juin 2026 DOSSIER N° : N° RG 26/00176 - N° Portalis DB2N-W-B7K-I226 AFFAIRE : [J] [F] [L] c/ S.A.S. CAR EAST FRANCE TRIBUNAL JUDICIAIRE DU MANS Chambre 9 CIVILE ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 12 juin 2026 DEMANDERESSE Madame [J] [F] [L] née le 20 Mars 1991 à [Localité 1] (ESPAGNE), demeurant [Adresse 1] représentée par Me Matthieu BOULET, avocat au barreau du MANS DEFENDERESSE S.A.S. CAR EAST FRANCE, dont le siège social est sis [Adresse 2] représentée par Me Emmanuel BRUNEAU, avocat au barreau du MANS, avocat postulant et par Maître Patricia WALENT, avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant COMPOSITION DU TRIBUNAL PRÉSIDENT : Marie-Michèle BELLET GREFFIER : Judith MABIRE DÉBATS À l'audience publique du 17 avril 2026, À l'issue de celle-ci le Président a fait savoir aux parties que l'ordonnance serait rendue le 12 juin 2026 par sa mise à disposition au greffe de la juridiction. FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS DES PARTIES Le 26 mai 2025, la SAS CAR EAST FRANCE (MAXUS MOTORS FRANCE) a vendu à monsieur [F] [L] un véhicule Renault Captur, avec 45.900 km au compteur, moyennant le prix de 17.400 €, suivant bon de commande du 20 mai 2025. Le véhicule a été vendu avec une garantie OPTEVEN Sécurité + durant 12 mois. Un contrôle technique avait été effectué, le 23 mai 2025, et n'avait mis en évidence aucune défaillance. En décembre 2025, monsieur [F] [L] a constaté l'apparition d'un voyant orange sur le tableau de bord, puis une perte de puissance, avant que le moteur ne puisse redémarrer. La réparation du véhicule a été confiée à la société RENDAL 49, le 12 décembre 2025, pour rechercher la panne. Le diagnostic a mis en évidence deux défauts au niveau des injecteurs. La bougie cylindre 2 est détériorée et le niveau d'huile est anormalement bas. Un manque de compression a été relevé sur le cylindre 2, ainsi qu'un défaut d'étanchéité. Ces désordres sont à l'origine d'une consommation d'huile anormale qui a entraîné une usure du bloc moteur, nécessitant son remplacement. Par lettre recommandée avec accusé de réception du 23 janvier 2026, monsieur [F] [L] a mis en demeure la société MAXUS MOTORS MAGNANVILLE de procéder au remplacement du véhicule ou au remboursement du prix d'achat du véhicule avec restitution, sous quinzaine. En l'absence de réponse, par acte du 23 mars 2026, monsieur [F] [L] a fait citer la SAS CAR EAST FRANCE devant le juge des référés du tribunal judiciaire du Mans auquel il demande d'ordonner une expertise et de réserver les dépens. À l'audience du 17 avril 2026, monsieur [F] [L] maintient ses demandes. La SAS CAR EAST FRANCE formule des protestations et réserves d'usage quant à la demande d'expertise.

MOTIFS

Sur la demande d'expertise : La demande d'expertise est fondée sur les dispositions de l'article 145 du code de procédure civile qui énonce que « s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé sur requête ou en référé ». Ce texte exige seulement que le demandeur justifie d'un motif légitime à voir ordonner une expertise. L'existence d'une contestation sérieuse, notamment tirée de stipulations contractuelles, ne constitue pas un obstacle à la mise en oeuvre des dispositions susvisées. L'article 145 du code de procédure civile n'implique en effet aucun préjugé sur la responsabilité des personnes appelées comme parties à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d'être ultérieurement engagé. La légitimité du motif du demandeur résulte de la démonstration du caractère plausible et crédible du litige, bien qu'éventuel et futur, et le juge doit seulement constater qu'un tel procès est possible et qu'il a un objet et un fondement suffisamment déterminés. Le juge ne peut rejeter la demande d'expertise que si elle est destinée à soutenir une prétention dont le mal fondé est d'ores et déjà évident et qui est manifestement vouée à l'échec. Enfin, la mesure sollicitée est pertinente, adaptée, d'une utilité incontestable et proportionnée à l'éventuel futur litige, dans la mesure où elle permettra de vérifier la réalité des vices cachés dénoncés par l'acquéreur et d'évaluer les éventuels préjudices subis par celui-ci. De plus, la demande n'est pas contestée. Monsieur [F] [L] a donc un intérêt légitime à voir ordonner l'expertise sollicitée et il y a lieu de faire droit à sa demande. Sur les autres demandes : La demande d'expertise est fondée sur l'article 145 du code de procédure civile et les responsabilités ne sont pas déterminées, de sorte que le défendeur ne peut être considéré comme la partie qui succombe au sens des articles 696 et 700 du code de procédure civile. Les dépens resteront donc à charge du demandeur. En effet, les dépens ne sauraient être réservés, comme réclamé par monsieur [F] [L], dans la mesure où la présente ordonnance met fin à l'instance.

PAR CES MOTIFS

Le Juge des référés, statuant publiquement, par ordonnance contradictoire, et en premier ressort ; ORDONNE une expertise ; DÉSIGNE pour y procéder monsieur [P] [G], expert près la cour d'appel de Versailles, demeurant [Adresse 3], 78770 GOUPILLIERES ([Courriel 1]) avec mission de : - Convoquer les parties en cause ainsi que leurs avocats par lettre recommandée avec accusé de réception ; - Se rendre sur les lieux où se trouve le véhicule ; - Prendre connaissance de tous documents utiles ; - Recueillir les déclarations des parties et éventuellement celles de toute personne informée ; - Procéder à l'examen du véhicule en cause et décrire son état actuel ; - Vérifier si les désordres allégués existent, * dans ce cas les décrire en précisant s'ils affectent les organes essentiels, en indiquer la nature et la date d'apparition, * en rechercher les causes, dire s'ils sont de nature à rendre le véhicule impropre à l'usage auquel il était destiné, ou s'ils en diminuent l'usage, et s'ils étaient décelables au moment de la vente par un acheteur non professionnel, * donner son avis sur l'attitude qu'aurait pu avoir l'acheteur s'il avait eu connaissance des vices au moment de la vente et sur le prix qu'aurait eu la chose, * déterminer si le véhicule est apte à la circulation ; - Établir une chronologie des interventions effectuées sur le véhicule antérieurement et postérieurement à la vente, vérifier si le véhicule a été accidenté (en faisant au besoin toutes recherches auprès des organismes d'assurance qui ont pu en avoir connaissance), réparé, modifié, ou transformé, et donner son avis sur les opérations réalisées ; - Dire si le véhicule a ou non été correctement entretenu selon les préconisations du constructeur ; - Dire si le véhicule a ou non été utilisé de façon normale et conforme à sa destination ; - Déterminer la valeur du véhicule et le kilométrage réel de celui-ci au moment de la vente ; - Indiquer, le cas échéant, les travaux de réparation propres à remédier aux désordres, en évaluer le coût, l'importance et la durée, ou bien indiquer la valeur résiduelle du véhicule en cas d'impossibilité de réparation ; - Fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer tous les préjudices subis et indiquer, de façon plus générale, toutes suites dommageables ; - Répondre aux dires des parties dans la limite de la présente mission ; - Concilier les parties; - Procéder à toutes diligences et faire toutes observations utiles au règlement du litige ; ORDONNE aux parties et à tout tiers détenteur de remettre sans délai à l'expert tout document qu'il estimera utile à l'accomplissement de sa mission ; DIT QUE : -l'expert devra faire connaître sans délai son acceptation au juge chargé du contrôle de l'expertise, et devra commencer ses opérations dès sa saisine ; -en cas d'empêchement ou de refus de l'expert, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé du contrôle de l'expertise ; -l'expert devra accomplir sa mission conformément aux articles 232 et suivants du code de procédure civile, notamment en ce qui concerne le caractère contradictoire des opérations et précise à cet égard que l'expert ne devra en aucune façon s'entretenir seul ou de façon non contradictoire de la situation avec un autre expert mandaté par l'une des parties ou par une compagnie d'assurances ; -l'expert devra tenir le juge chargé du contrôle de l'expertise, informé du déroulement de ses opérations et des difficultés rencontrées dans l'accomplissement de sa mission ; -l'expert est autorisé à s'adjoindre tout spécialiste de son choix, sous réserve d'en informer le juge chargé du contrôle de l'expertise et les parties étant précisé qu'il pourra dans ce cas solliciter une provision complémentaire destinée à couvrir les frais du recours au sapiteur ; -l'expert devra remettre un pré-rapport aux parties, leur impartir un délai pour déposer leurs éventuels dires, et y répondre ; -l'expert devra déposer son rapport définitif et sa demande de rémunération au greffe du tribunal, dans le délai de rigueur de HUIT MOIS à compter de l'information qui lui sera donnée de la consignation de la provision à valoir sur sa rémunération (sauf prorogation dûment autorisée), et communiquer ces deux documents aux parties ; DIT QUE les frais d'expertise seront avancés par le demandeur à la mesure qui devra consigner la somme de TROIS MILLE CINQ CENTS EUROS (3.500 €) à valoir sur la rémunération de l'expert auprès du régisseur d'avances et de recettes du tribunal judiciaire du MANS dans les deux mois de la présente décision étant précisé qu'à défaut de consignation dans le délai imparti, la désignation de l'expert sera caduque de plein droit, (sauf décision contraire en cas de motif légitime) et il sera tiré toutes conséquences de l'abstention ou du refus de consigner ; DIT que le demandeur à l'expertise sera dispensé du versement d'une provision à valoir sur la rémunération de l'expert s'il justifie qu'il bénéficie de l'aide juridictionnelle ; COMMET le président du tribunal judiciaire, et à défaut tout autre juge du siège du tribunal judiciaire du MANS, pour surveiller l'exécution de la mesure ; DIT QUE les dépens resteront à la charge du demandeur sauf transaction ou éventuel recours ultérieur au fond. LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, Judith MABIRE Marie-Michèle BELLET

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