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Tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer, 13 mai 2026, 25/00334

Mots clés
Relations du travail et protection sociale • Risques professionnels • A.T.M.P. : demande de prise en charge au titre des A.T.M.P. et/ou contestation relative au taux d'incapacité

Chronologie de l'affaire

Tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer
13 mai 2026
CRRMP des Hauts-de-France
27 mars 2025

Synthèse

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Résumé

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Partie demanderesse
Personne physique anonymisée
défendu(e) par GOMBERT Virginie
Partie défenderesse
CPAM DED'OPALE

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Texte intégral

R E P U B L I Q U E F R A N C A I S E Au Nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER PÔLE SOCIAL Contentieux Général de la Sécurité Sociale et de l'Aide Sociale JUGEMENT rendu le treize Mai deux mil vingt six DOSSIER N° RG 25/00334 - N° Portalis DBZ3-W-B7J-76J7Y Jugement du 13 Mai 2026 IT/MB AFFAIRE : [M] [F] épouse [S]/CPAM DE [Localité 1] D'OPALE DEMANDERESSE Madame [M] [F] épouse [S] née le 25 Décembre 1973 à [Localité 2] [Adresse 1] [Localité 3] représentée par Me Virginie GOMBERT, avocat au barreau de BOULOGNE-SUR-MER DEFENDERESSE CPAM DE [Localité 1] D'OPALE [Adresse 2] [Adresse 3] [Localité 4] représentée par M. [H] [Z] (Audiencier) muni d'un pouvoir spécial COMPOSITION DU TRIBUNAL Président : Isabelle THEOLLE, Juge Assesseur : Dominique DARRE, Représentant des travailleurs salariés Assesseur : Karine PLANQUE, Représentant les travailleurs non salariés Greffier : Mathilde BLERVAQUE, Greffier DÉBATS ET DÉLIBÉRÉ Les débats ont eu lieu à l'audience publique le 06 Mars 2026 devant le tribunal réuni en formation collégiale. A l'issue, l'affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe le 13 Mai 2026. En foi de quoi le Tribunal a rendu la décision suivante : EXPOSE DU LITIGE Le 27 août 2024, Mme [M] [F] a adressé à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte d'Opale (ci-après CPAM) une déclaration de maladie professionnelle mentionnant un syndrome dépressif post-traumatique, un épuisement moral et une anxiété majeure, complétée par un certificat médical initial en date du 8 août 2024 portant la même mention. Le 4 décembre 2024, le colloque médico-administratif de la CPAM a décidé de la transmission du dossier au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (ci-après CRRMP) au motif suivant : « affection hors tableau ou non exposition au risque ». La CPAM a saisi le CRRMP des Hauts-de-France. Le 27 mars 2025, ce dernier a rendu un avis défavorable et n'a pas retenu l'existence d'un lien direct et essentiel entre l'affection présentée et l'activité professionnelle. Sur ce fondement, la CPAM a notifié à Mme [F] le 31 mars 2025 un refus de prise en charge de sa maladie au titre de la législation sur les risques professionnels. Le 19 juin 2025, la commission de recours amiable (ci-après CRA) de la CPAM a rejeté la contestation formée par Mme [F] par courrier recommandé avec accusé de réception expédié le 27 mai 2025. Par requête du 7 août 2025 reçue au greffe le 18 août 2025, Mme [F] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Boulogne sur Mer en contestation de la décision prise par la CPAM de ne pas prendre en charge sa maladie au titre de la législation sur les risques professionnels. A l'audience du 6 mars 2026, Mme [F] et la CPAM s'en sont rapportées à leurs dernières conclusions et ont demandé au tribunal de procéder à la désignation d'un second CRRMP.

MOTIFS

DE LA DÉCISION Sur la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie Aux termes de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale, est présumée d'origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau. Une maladie caractérisée non désignée dans un tableau de maladies professionnelles peut également être reconnue d'origine professionnelle lorsqu'il est établi qu'elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu'elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente d'un taux évalué dans les conditions mentionnées à l'article L. 434-2. Selon l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale, ce taux d'incapacité est fixé à 25 %. Dans le cas où la maladie caractérisée n'est pas désignée dans un tableau de maladies professionnelles, la caisse primaire reconnaît l'origine professionnelle de la maladie après avis motivé d'un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. La pathologie déclarée le 27 août 2024 par la requérante, en l'occurrence un syndrome dépressif post-traumatique, est une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles. Le débat porte sur la condition de l'existence d'un lien direct et essentiel entre l'affection présentée et l'exposition professionnelle. Par avis motivé, en date du 27 mars 2025, le [1] n'a pas établi de lien direct et essentiel entre la maladie soumise à son instruction et l'exposition professionnelle de Mme [F]. Selon l'article R. 142-17-2 du code de la sécurité sociale, lorsque le différend porte sur la reconnaissance de l'origine professionnelle d'une maladie dans les conditions prévues aux sixième et septième alinéas de l'article L. 461-1, le tribunal recueille préalablement l'avis d'un comité régional, autre que celui qui a déjà été saisi par la caisse, en désignant le comité d'une des régions les plus proches. En l'espèce, le différend porte sur la reconnaissance de l'origine professionnelle d'une maladie dans les conditions prévues au septième alinéa de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale. Il convient en conséquence, en vertu de l'article R. 142-17-2 précité, de solliciter l'avis d'un [2] autre que celui des Hauts-de-France, précédemment saisi par la caisse. Dans l'attente de cet avis, il sera sursis à statuer sur les autres demandes. Les dépens seront réservés. Sur l'exécution provisoire Aux termes de l'article R. 142-10-6 alinéa 1 du code de la sécurité sociale, le tribunal peut ordonner l'exécution par provision de ses décisions. L'exécution provisoire, qui est nécessaire au regard de la saisine d'un second CRRMP, sera ordonnée.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, statuant publiquement par jugement mixte contradictoire, rendu en premier ressort par mise à disposition au greffe, DÉSIGNE le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles du [Localité 5]-Est avec pour mission de : - prendre connaissance de la demande de reconnaissance de maladie professionnelle présentée par Mme [M] [F], des éléments médicaux, des éléments produits sur les travaux accomplis par le demandeur et de l'ensemble de ses observations, des enquêtes diligentées et de celles qu'il pourrait accomplir ; - donner un avis motivé sur l'existence d'un lien direct et essentiel entre la pathologie présentée par Mme [M] [F] (syndrome dépressif post-traumatique) et l'exposition au risque, quand bien même l'activité professionnelle ne serait pas la cause unique de la pathologie ; DIT qu'il y a lieu de surseoir à statuer dans l'attente de cet avis ; DIT qu'après réception de l'avis dudit comité régional, les parties seront convoquées à la première audience utile, par les soins du greffe ; RÉSERVE les dépens ; ORDONNE l'exécution provisoire. LA GREFFIERE LA PRESIDENTE

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