Tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre, 2 juillet 2026, 25/00209
Mots clés
Relations du travail et protection sociale • Protection sociale • Demande d'annulation d'une mise en demeure ou d'une contrainte • signification • preuve • recouvrement • requis • ressort • absence • forclusion
Synthèse
- Juridiction : Tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre
- Numéro de pourvoi :25/00209
- Dispositif : Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur
- Référence abrégée : TJ Pointe-à-pitre, 2 juill. 2026, n° 25/00209
- Identifiant Judilibre :6a7e4e03195da062e0964c5d
Voir plus
Résumé
Vous devez être connecté pour pouvoir générer un résumé.
Partie demanderesse
Partie défenderesse
Personne physique anonymisée
Suggestions de l'IA
Texte intégral
N° RG 25/00209 - N° Portalis DB3W-W-B7J-FJY4
DU 02 Juillet 2026
AFFAIRE :
CGSS DE LA GUADELOUPE
C/
[N] [O]
----------
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE POINTE A PITRE
Pôle social
JUGEMENT DU 02 JUILLET 2026
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU 02.05.2026 :
Président : Madame Anne-Sophie PAWLOWSKI, Vice-présidente
Assesseur : Monsieur Jonny DEROCHE,
Assesseur : Monsieur Edouard GABRIEL
Cadre-Greffier : Monsieur Bastien BERTHE
DEMANDERESSE :
CGSS DE LA GUADELOUPE,
dont le siège social est sis
PARC D'ACTIVITES LA PROVIDENCE -
ZAC DE DOTHEMARE -
97139 LES ABYMES CEDEX
représentée par Mme JOUENNE, audiencière
D'UNE PART
DÉFENDEUR :
Monsieur [N] [O]
demeurant 692 Chemin des Tamariniers -
Bois Rimbault
97123 BAILLIF
non comparant
D'AUTRE PART
***
COMPOSITION DU DELIBERE DU 02.07.2026
Président : Madame Anne-Sophie PAWLOWSKI, Vice-présidente
Assesseur : Monsieur Jonny DEROCHE,
Assesseur : Monsieur Edouard GABRIEL
Greffier : Madame Corine SAMSON
***
Le Tribunal Judiciaire de Pointe à Pitre, Pôle Social , a rendu un jugement réputé contradictoire et en dernier ressort, mis à disposition au greffe le 02 Juillet 2026 dans les termes ci après :
EXPOSE DU LITIGE
Par courrier recommandé avec accusé de réception reçu le 25 avril 2025, [N] [O] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de POINTE A PITRE d'une opposition à la contrainte :
n° 0004602238 qui a été délivrée par le directeur de la CGSS de la Guadeloupe le 05 février 2025 et signifiée le 17 avril 2025, relative aux cotisations et contributions sociales exigibles au titre des 2ème et 3ème trimestres 2023 et du 3ème trimestre 2024, outre les majorations de retard afférentes, pour un montant total de 2 892 euros,n° 0004824303 qui a été délivrée par le directeur de la CGSS de la Guadeloupe le 26 mars 2025 et signifiée le 17 avril 2025, relative aux cotisations et contributions sociales exigibles au titre du 4ème trimestre 2024, outre les majorations de retard afférentes, pour un montant total de 1 748 euros.
L'affaire a été fixée à l'audience du 04 novembre 2025, renvoyée à deux reprises et retenue à l'audience du 12 mai 2026.
A cette dernière audience, la CGSS de la Guadeloupe, dument représentée, a sollicité du tribunal de :
déclarer l'opposition à contraintes formée par [N] [O] recevable, valider les contraintes litigieuses pour leur entier montant, condamner en conséquence [N] [O] à lui payer les sommes de 2 892 euros et 1 748 euros au titre des contraintes litigieuses, outre les entiers dépens de l'instance, ce compris les frais de signification des deux contraintes, et le cas échéant les frais de leur exécution forcée.
Bien qu'assigné à domicile, [N] [O] n'a pas comparu, ne s'est pas fait représenter, n'a pas fait connaître les raisons de son absence et n'a pas sollicité de dispense de comparution.
L'affaire a été mise en délibéré au 02 juillet 2026 par mise à disposition au greffe par application des dispositions de l'article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.
MOTIFS DE LA DECISION
A titre liminaire, il convient de rappeler que selon l'article R. 133-3 du code de sécurité sociale, si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. Sur la recevabilité de l'opposition à contraintes Aux termes de l'article R133-3 alinéa 3 du code de la sécurité sociale, l'opposition doit être formée dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification de la contrainte, elle doit être motivée et une copie de la contrainte doit lui être jointe. S'agissant du délai, il convient de rappeler qu'en application de l'article 641 du code de procédure civile, lorsqu'un délai est exprimé en jours, celui de l'acte, de l'événement, de la décision ou de la notification qui le fait courir ne compte pas. L'article 642 du même code précise que tout délai expire le dernier jour à vingt-quatre heures et que le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Le point de départ est la date de signification de la contrainte, peu important la date à laquelle le débiteur a effectivement pris connaissance de la signification. Il convient de rappeler que les juges du fond ne sont pas tenus d'examiner la conformité aux dispositions de l'article R 133-3 du code de la sécurité sociale, de la mise en demeure et de la contrainte fondant la demande en paiement de l'organisme de recouvrement dès lors que le cotisant ne les a pas saisis de ce moyen de défense (2ème Civ., 18 juin 2015, pourvoi n° 1419.080, 14-19.082). Le tribunal est toutefois susceptible de relever d'office les délais de forclusion. S'agissant de l'exigence de motivation, il est par ailleurs constant que l'opposition doit être justifiée par des motifs de fait et de droit et que le juge du fond apprécie souverainement la teneur de cette motivation. **** En l'espèce, les contraintes ont été signifiées le 17 avril 2025 à [N] [O], qui a exercé un recours à leur encontre avant l'expiration du délai de 15 jours réglementaire. En outre, l'opposition est motivée. Dès lors, l'opposition est recevable. Sur le bien-fondé de l'opposition A titre liminaire, il convient de rappeler qu'il incombe à l'opposant à contrainte de rapporter la preuve du caractère infondé de la créance dont le recouvrement est poursuivi par l'organisme social. La procédure devant le pôle social du tribunal judiciaire étant orale, si l'une des parties ne comparait pas, les écrits et pièces qu'elle a communiqués au tribunal ne peuvent être pris en compte. [N] [O] n'ayant pas comparu, il n'a saisi le tribunal d'aucun moyen au soutien de son opposition de sorte que celle-ci ne peut être jugée fondée. Aux termes des pièces versées aux débats, la CGSS de la Guadeloupe justifie du fondement de ses créances. Dès lors, les deux contraintes seront validées pour leur entier montant. En conséquence, [N] [O] sera condamné à verser à la CGSS de la Guadeloupe les sommes de 1 748 euros et 2 892 euros au titre des deux contraintes litigieuses. Sur les dépens Aux termes de l'article R133-6 du code de la sécurité sociale, les frais de signification de la contrainte faite dans les conditions prévues à l'article R133-3, ainsi que de tous actes de procédure nécessaires à son exécution, sont à la charge du débiteur, sauf lorsque l'opposition a été jugée fondée. Aux termes de l'article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. En l'espèce, [N] [O], qui succombe, sera condamné aux dépens de l'instance, incluant les frais de signification des deux contraintes et, le cas échéant, les frais de leur exécution forcée. Sur l'exécution provisoire L'exécution provisoire du présent jugement est de droit par application des dispositions de l'article R133-3 alinéa 4 du code de la sécurité sociale.PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement par jugement réputé contradictoire et en dernier ressort mis à disposition au greffe, DECLARE l'opposition aux contraintes n° 0004602238 du 05 février 2025 et n° 0004824303 du 26 mars 2025 délivrées par le directeur de la CGSS de la Guadeloupe à [N] [O] recevable, VALIDE la contrainte n° 0004602238 du 05 février 2025 et signifiée le 17 avril 2025 à [N] [O] pour la somme de 2 892 euros en cotisations et majorations de retard dues au titre des 2ème et 3ème trimestres 2023 et du 3ème trimestre 2024, CONDAMNE en conséquence [N] [O] à payer à la CGSS de la Guadeloupe la somme de 2 892 euros, VALIDE la contrainte n° 0004824303 du 26 mars 2025 et signifiée le 17 avril 2025 à [N] [O] pour la somme de 1 748 euros en cotisations et majorations de retard dues au titre du 4ème trimestre 2024, CONDAMNE en conséquence [N] [O] à payer à la CGSS de la Guadeloupe la somme de 1 748 euros, CONDAMNE [N] [O] aux dépens de l'instance, incluant les frais de signification des deux contraintes et, le cas échéant, les frais de leur exécution forcée, RAPPELLE que le présent jugement est exécutoire de droit par provision. Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe du tribunal le 02 juillet 2026, et signé par le greffier et la présidente. LE GREFFIER LA PRESIDENTE En conséquence, la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre le présent jugement à exécution, Aux Procureurs Généraux et aux Procureurs de la République près les Tribunaux Judiciaires d'y tenir la main, A tous Commandants et Officiers de la Force publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis. En foi de quoi, la minute du présent jugement a été signé par les Présidents et Greffiers.Commentaires sur cette affaire
L'accès aux commentaires est réservé aux utilisateurs premium.
Note...