Tribunal judiciaire de Marseille, 23 mai 2024, 24/02063
Mots clés
référé • commandement • contrat • résiliation • provision • remise • ressort • signification • solidarité • restitution • recevabilité • remboursement • siège • société • terme
Chronologie de l'affaire
Tribunal judiciaire de Marseille
23 mai 2024
Tribunal judiciaire de Marseille
7 décembre 2023
Synthèse
- Juridiction : Tribunal judiciaire de Marseille
- Numéro de pourvoi :24/02063
- Dispositif : Délibéré pour mise à disposition de la décision
- Référence abrégée : TJ Marseille, 23 mai 2024, n° 24/02063
- Décision précédente :Tribunal judiciaire de Marseille, 7 décembre 2023
- Identifiant Judilibre :6889125d164153e3cd1d69e6
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Chronologie de l'affaire
Tribunal judiciaire de Marseille
23 mai 2024
Tribunal judiciaire de Marseille
7 décembre 2023
Résumé
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Partie demanderesse
Parties défenderesses
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 25 Juillet 2024
Président : Monsieur BIDAL, Juge
Greffier : Madame BOINE, Greffier
Débats en audience publique le : 23 Mai 2024
GROSSE :
Le 25 juillet 2024
à Me LABI
Le ...................................................
à Me ...............................................
Le ...................................................
à Me ...............................................
EXPEDITION :
Le 25 juillet 2024
à M. [Y]
Le ..........................................................
à Me ......................................................
Le ...........................................................
à Me ......................................................
N° RG 24/02063 - N° Portalis DBW3-W-B7I-4X7L
PARTIES :
DEMANDERESSE
Société LOGIREM SA [Adresse 4]
dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Henri LABI, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEURS
Monsieur [S] [Y]
demeurant [Adresse 2]
comparant
Madame [F] [Y]
demeurant [Adresse 2]
non comparante
EXPOSE DU LITIGE
Un bail a été signé entre les parties le 15 mai 2023, relatif à un appartement situé [Adresse 3], moyennant un loyer initial mensuel de 410,27 euros, outre 230,15 euros de provision pour charges.
Des loyers étant demeurés impayés, la SA LOGIREM a fait signifier à Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] un commandement de payer visant la clause résolutoire, le 7 décembre 2023.
Par acte de commissaire de justice en date du 21 février 2024, auquel il y a lieu de se reporter pour l'exposé intégral de ses moyens et prétentions, la SA LOGIREM a fait assigner Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MARSEILLE, à l'audience du 23 mai 2024, aux fins de :
constater la résiliation du bail du fait de l'acquisition de la clause résolutoire,ordonner leur expulsion immédiate, ainsi que celle de tous occupants de leur chef,les condamner solidairement au paiement de :la somme provisionnelle de 1 538,33 euros, au titre de l'arriéré locatif,d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer échu, augmenté des charges, jusqu'à libération effective des lieux,la somme de 1 500 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux dépens de l'instance.
A cette audience, la SA LOGIREM, représentée par son Conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d'instance en actualisant sa créance, celle-ci s'élevant à la somme de 2 274,60 euros, au 17 mai 2024. Elle s'en remet à la décision du Juge concernant l'octroi de délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire si de tels délais étaient accordés.
Monsieur [S] [Y] comparaît. Il reconnait l'existence d'une dette locative - dont il conteste le montant - et sollicite l'octroi de délais de paiement ainsi que la suspension des effets de la clause résolutoire durant ces délais, soulignant sa situation personnelle délicate.
Madame [F] [Y] ne comparait pas et n'est pas représentée, bien que régulièrement citée par acte remis à étude.
L'affaire a été mise en délibéré au 25 juillet 2024.
Vu les articles
446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,MOTIFS DE LA DECISION
En vertu des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d'urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. Il peut, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire. Vu l'article 9 du code de procédure civile, Vu l'article 1353 du code civil, Selon les dispositions de l'article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable, et bien fondée. Sur la recevabilité Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, La SA LOGIREM produit la notification à la CCAPEX en date du 8 décembre 2023 des impayés locatifs visés dans le commandement de payer signifié à Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y], soit deux mois au moins avant l'assignation du 21 février 2024. La SA LOGIREM produit par ailleurs la dénonciation de l'assignation à la Préfecture en date du 23 février 2024, soit six semaines au moins avant l'audience du 23 mai 2024. Son action est donc déclarée recevable. Sur la résiliation du contrat de bail et ses conséquences Vu l'article 2 du code civil, Vu les articles 7a et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l'une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus, Vu le caractère d'ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés, Vu le contrat de bail liant les parties, qui contient une clause résolutoire et une clause de solidarité, En l'espèce, un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré aux locataires par acte de commissaire de justice en date du 7 décembre 2023 pour un arriéré locatif de 1 185,73 euros. Les sommes visées au commandement n'ont pas été intégralement payées dans le délai de deux mois. En conséquence, la clause résolutoire est acquise. Il convient donc de constater la résiliation du bail à effet au 7 février 2024, et d'ordonner l'expulsion de Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] des lieux occupés. Aucune circonstance particulière de l'espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution, soit réduit ou supprimé. Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l'expulsion sera régi par les dispositions de l'article L 433-1 du code des procédures civiles d'exécution. Enfin, il convient de condamner solidairement Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] à payer à la SA LOGIREM une indemnité d'occupation provisionnelle mensuelle d'un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu'il aurait été si le contrat s'était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 682,41 euros), à compter du 8 février 2024 jusqu'à la complète libération des lieux par la remise des clés à la SA LOGIREM. Sur le paiement de sommes à titre provisionnel Vu les articles 4 et 7 de la loi du 6 juillet 1989, Vu le contrat de bail liant les parties, qui contient une clause de solidarité, Il résulte du décompte locatif joint à l'assignation que le montant de la dette locative de Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] s'élevait à 1 538,33 euros au 8 février 2024. Vu le décompte actualisé au 17 mai 2024, fixant la dette locative à une somme de 2 171,48 euros, terme du mois d'avril 2024 inclus, déduction faite des frais de contentieux. L'obligation n'étant pas sérieusement contestable, il convient donc de condamner Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] solidairement à payer à la SA LOGIREM la somme de 2 171,48 euros à titre provisionnel avec les intérêts au taux légal à compter de l'assignation sur la somme de 1 538,33 euros, et à compter de la présente décision pour le surplus. Sur les délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire Vu les articles 24 V et VII de la loi du 6 juillet 1989, dans leur version applicable au présent litige, Au-delà de la situation personnelle et financière de Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y], et du niveau de leurs ressources comparé au montant dû, la reprise du versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience n'est pas établie. Dès lors, des délais de paiement ne peuvent être accordés, de même que la suspension des effets de la clause résolutoire durant les délais de remboursement ne peut être prononcée. Sur les dépens de l'instance de référé et la demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y], qui succombent au sens de l'article 696 du code de procédure civile, supporteront in solidum les entiers dépens de l'instance de référé dont le coût du commandement de payer et seront condamnés in solidum à payer à la SA LOGIREM une somme de 100 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Sur l'exécution provisoire Il est rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires à titre provisoire en vertu des dispositions de l'article 514 du code de procédure civile.PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe : DECLARONS l'action de la SA LOGIREM recevable ; CONSTATONS la résiliation du bail conclu entre les parties le 15 mai 2023 concernant l'appartement situé [Adresse 3], à effet au 7 février 2024 ; ORDONNONS en conséquence à Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de sept jours à compter de la signification de la présente ordonnance ; DISONS qu'à défaut pour Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] d'avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SA LOGIREM pourra, deux mois après la signification d'un commandement de quitter les lieux, faire procéder à leur expulsion ainsi qu'à celle de tous occupants de leur chef, y compris le cas échéant avec le concours d'un serrurier et de la force publique ; DISONS que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l'expulsion sera régi par les dispositions de l'article L 433-1 du code des procédures civiles d'exécution ; CONDAMNONS Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] solidairement à payer à la SA LOGIREM à titre provisionnel une indemnité mensuelle d'occupation à compter du 8 février 2024 et jusqu'à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ; FIXONS cette indemnité mensuelle d'occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s'était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 682,41 euros) ; CONDAMNONS Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] solidairement à verser à la SA LOGIREM la somme de 2 171,48 euros à titre de provision sur la dette locative, avec les intérêts au taux légal à compter de l'assignation sur la somme de 1 538,33 euros, et à compter de la présente décision pour le surplus ; DEBOUTONS Monsieur [S] [Y] de sa demande reconventionnelle en délais de paiement de la dette locative ; DEBOUTONS Monsieur [S] [Y] de sa demande reconventionnelle en suspension des effets de la clause résolutoire ; CONDAMNONS Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] in solidum à payer à la SA LOGIREM la somme de 100 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNONS Monsieur [S] [Y] et Madame [F] [Y] in solidum aux entiers dépens de l'instance, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l'assignation en référé et de sa notification à la préfecture ; DEBOUTONS les parties de leurs demandes plus amples ou contraires ; RAPPELONS que les ordonnances de référé sont exécutoires de plein droit à titre provisoire. Le Greffier, Le Juge,Commentaires sur cette affaire
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