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Tribunal judiciaire de Saint-Étienne, 2 juin 2026, 25/04725

Mots clés
Contrats • Baux d'habitation • Baux d'habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d'assurance et ordonner l'expulsion

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Résumé

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Partie demanderesse
Partie défenderesse
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Texte intégral

Minute n° RÉPUBLIQUE FRANÇAISE TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE N° RG 25/04725 - N° Portalis DBYQ-W-B7J-I6LA 4ème CHAMBRE CIVILE - POLE DE LA PROTECTION JUGEMENT DU 02 Juin 2026 COMPOSITION DU TRIBUNAL Lors des débats et du délibéré : Présidente : Madame Mélody MANET, Juge chargé des contentieux de la protection assistée, pendant les débats de Madame Murielle FAURY, greffière ; DEBATS : à l'audience publique du 30 Mars 2026 ENTRE : S.A. ALLIADE HABITAT venant aux droits de CITE NOUVELLE dont le siège social est sis [Adresse 1] représentée par Madame [U] [Z], gestionnaire contentieux, munie d'un pouvoir ET : Monsieur [X] [A] né le 26 Novembre 1991 demeurant [Adresse 2] ([Localité 1]) comparant JUGEMENT : Contradictoire et en premier ressort, Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 02 Juin 2026 Notification le : - CCC à : - Copie exécutoire à : - Copie au dossier EXPOSE DU LITIGE Suivant contrat signé le 28 novembre 2019, la société [Adresse 3] aux droits de laquelle vient désormais la société ALLIADE HABITAT a donné à bail à Monsieur [X] [A] un immeuble à usage d'habitation situé [Adresse 2], moyennant un loyer mensuel révisable de 391,84 euros, outre 106,30 euros de provision sur charges. Selon avenant prenant effet le 4 avril 2022, la société ALLIADE HABITAT a donné à bail à Monsieur [X] [A] une place de stationnement accessoire au logement, moyennant un loyer mensuel révisable de 47,24 euros. Par courrier simple en date du 27 mai 2024, la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) a saisi la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l'existence d'impayés de loyers, en application du décret n° 2015-1384 du 30 octobre 2015. La société ALLIADE HABITAT a fait délivrer le 31 mai 2024 à Monsieur [X] [A] un commandement de payer des loyers échus pour un arriéré de 2440 euros, échéance d'avril 2024 inclus, s'agissant du logement et de la place de stationnement. Par acte de commissaire de justice en date du 8 octobre 2025, la société ALLIADE HABITAT a attrait Monsieur [X] [A] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Saint-Étienne, aux fins de : - à titre principal, constater la résiliation du contrat de location pour défaut de paiement des loyers et charges par le jeu de la clause résolutoire, - subsidiairement, prononcer la résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers, - ordonner son expulsion du logement et du stationnement, et notamment avec l'aide de la force publique si besoin est, - sa condamnation au paiement de la somme de 3886,23 euros au titre de l'arriéré locatif dues au 18 septembre 2025, échéance du mois d'août 2025 inclus, avec intérêts de droit au taux légal à compter du commandement de payer les loyers, outre les loyers échus entre la date d'assignation et la date d'audience, - sa condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle d'un montant égal au loyer et charges et en subissant les augmentations légales à compter de la date d'assignation jusqu'à l'entière libération des lieux, - sa condamnation au paiement de la somme de 250,00 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux entiers dépens de l'instance. La société ALLIADE HABITAT a notifié l'assignation à la préfecture de la [Localité 1] par lettre électronique avec accusé de réception délivrée le 8 octobre 2025. A l'audience de plaidoirie du 30 mars 2026, la société ALLIADE HABITAT, représentée par son gestionnaire contentieux muni d'un pouvoir délivré par la directrice générale, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance. Elle a demandé la validation du plan d'apurement en cours à hauteur de 80 euros par mois. Monsieur [X] [A] a comparu en personne et s'est associé à la demande de validation du plan et a sollicité le gel de la clause résolutoire.

Sur quoi,

l'affaire a été mise en délibéré au 2 juin 2026 pour y être rendu le présent jugement. MOTIFS DE LA DÉCISION SUR LA RECEVABILITÉ DE LA DEMANDE La société ALLIADE HABITAT a bien saisi la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l'existence d'impayés de loyers, en application du décret n° 2015-1384 du 30 octobre 2015. L'action est donc recevable. SUR LA DEMANDE DE SUSPENSION DE LA CLAUSE RÉSOLUTOIRE L'article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 applicable au litige dans sa nouvelle version dispose: « V. - Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l'article 1343-5 s'applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d'office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l'obligation prévue au premier alinéa de l'article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l'existence d'une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. (…) VII. - Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l'exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. » En l'espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, deux mois après un commandement de payer resté infructueux. Compte tenu de la force obligatoire du contrat, la stipulation contractuelle dérogeant au délai légal de six semaines, il sera appliqué un délai de deux mois pour le calcul de l'acquisition de la clause résolutoire. À l'examen de l'ensemble des pièces versées aux débats, notamment de l'historique des loyers et du décompte, il apparaît qu'un commandement de payer a été délivré à Monsieur [X] [A] le 31 mai 2024 pour un arriéré de loyers vérifié de 2 440 euros, échéance d'avril 2024 inclus. Il est rapporté que le commandement de payer délivré à Monsieur [X] [A] est demeuré infructueux dans le délai imparti. Dès lors, il y a lieu de constater que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 1er août 2024, soit deux mois après la délivrance dudit commandement. L'analyse des éléments comptables démontre également qu'à la date de l'audience, la dette locative demeure impayée et se monte à la somme de 5107,68 euros, échéance de février 2026 inclus. Il convient donc de condamner Monsieur [X] [A] à payer cette somme à la société ALLIADE HABITAT, outre intérêts au taux légal à compter du présent jugement. Cependant, compte tenu du commun accord du bailleur et du locataire sur un plan d'apurement déjà mis en place et respecté, il convient de suspendre les effets de la clause résolutoire et d'accorder à Monsieur [X] [A] des délais de paiement pour s'acquitter de la dette locative, en réglant en plus du loyer - ou du loyer résiduel si des aides au logement sont accordées - la somme de 80 euros par mois pendant 35 mois, la 36ème mensualité équivalant au solde de la dette et cela dans les conditions détaillées au dispositif de la présente décision. Si la dette est apurée dans ce délai, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire et dans les conditions fixées au dispositif de la présente décision : - la clause de résiliation reprendra son plein effet, - la totalité de la somme deviendra immédiatement exigible (laquelle couvre la dette échéance de février 2026 inclus), - Monsieur [X] [A] devra régler à la société ALLIADE HABITAT une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer plus charges (sur justificatifs) qui auraient été dus en l'absence de résiliation du bail, et ce à compter du 1er mars 2026, et jusqu'à la date de la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, - et faute par d'avoir libéré les lieux de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, deux mois après la notification d'un commandement de commissaire de justice de quitter les lieux portant mention de la présente décision, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l'assistance d'un serrurier et de la force publique si besoin est, - et le transport et la séquestration des meubles seront réalisés en tel lieu qu'il plaira à la société ALLIADE HABITAT aux frais et aux risques et périls de Monsieur [X] [A], dans les conditions prévues par l'article L.433-1 du code des procédures civiles d'exécution. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES En application de l'article 696 du code de procédure civile, il convient de condamner Monsieur [X] [A] aux dépens de l'instance. L'équité commande de ne pas faire application de l'article 700 du code de procédure civile. La présente décision est assortie de plein droit de l'exécution provisoire.

PAR CES MOTIFS

Le Juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et rendu en premier ressort, DECLARE recevable l'action de la société ALLIADE HABITAT ; CONSTATE que les conditions de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 28 novembre 2019 entre la société [Adresse 3] aux droits de laquelle vient désormais la société ALLIADE HABITAT et Monsieur [X] [A], concernant l'immeuble à usage d'habitation situé [Adresse 2], sont réunies et que le bail est résilié à compter du 1er août 2024 ; CONSTATE que l'avenant prenant effet le 4 avril 2022, s'agissant de la place de stationnement accessoire au logement, est également résilié à la même date ; CONDAMNE Monsieur [X] [A] à payer à la société ALLIADE HABITAT la somme de 5107,68 euros, échéance de février 2026 inclus, outre intérêts au taux légal à compter du présent jugement ; AUTORISE Monsieur [X] [A] à se libérer en 35 mensualités de 80 euros, la 36ème mensualité équivalant au solde de la dette, payables le 10 de chaque mois, en plus du loyer courant ou du loyer résiduel si des aides au logement sont accordées - et pour la première fois le 1er du mois suivant la présente décision ; SUSPEND pendant ces délais les effets de la clause résolutoire ; RAPPELLE que les procédures d'exécution qui auraient été engagées par la société ALLIADE HABITAT sont suspendues d'une part et que les majorations d'intérêts ou les pénalités encourues à raison du retard cessent d'être dues d'autre part, pendant le délai précité DIT que la clause résolutoire sera réputée ne pas avoir joué si la dette de loyers et charges ci-dessus rappelée est acquittée par dans le délai précité ; DIT qu'à défaut de paiement d'une seule mensualité à son échéance, qu'elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l'arriéré, restée impayée quinze jours après l'envoi d'une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception : - la clause de résiliation reprendra son plein effet, - la totalité de la somme deviendra immédiatement exigible (laquelle couvre la dette échéance de février 2026 inclus), - Monsieur [X] [A] devra régler à la société ALLIADE HABITAT une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer plus charges (sur justificatifs) qui auraient été dus en l'absence de résiliation du bail, et ce à compter du 1er mars 2026, et jusqu'à la date de la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, - et faute par d'avoir libéré les lieux (logement + place de stationnement) de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, deux mois après la notification d'un commandement de commissaire de justice de quitter les lieux portant mention de la présente décision, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l'assistance d'un serrurier et de la force publique si besoin est, - et le transport et la séquestration des meubles seront réalisés en tel lieu qu'il plaira à la société ALLIADE HABITAT aux frais et aux risques et périls de Monsieur [X] [A], dans les conditions prévues par l'article L.433-1 du code des procédures civiles d'exécution ; CONDAMNE Monsieur [X] [A] aux dépens de l'instance ; REJETTE la demande de la société ALLIADE HABITAT au titre de l'article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que la présente décision est assortie de plein droit de l'exécution provisoire ; La présente décision a été signée par le juge des contentieux de la protection et le greffier présents lors du prononcé. LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION

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