Tribunal judiciaire de Rouen, 8 juin 2026, 25/01744
Mots clés
Contrats • Baux d'habitation • Baux d'habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d'assurance et ordonner l'expulsion
Chronologie de l'affaire
Tribunal judiciaire de Rouen
8 juin 2026
Synthèse
- Juridiction : Tribunal judiciaire de Rouen
- Numéro de pourvoi :25/01744
- Dispositif : Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)
- Référence abrégée : TJ Rouen, 8 juin 2026, n° 25/01744
- Identifiant Judilibre :6a271752cdc6046d47a2ab94
Voir plus
Chronologie de l'affaire
Tribunal judiciaire de Rouen
8 juin 2026
Résumé
Vous devez être connecté pour pouvoir générer un résumé.
Partie demanderesse
Partie défenderesse
Personne physique anonymisée
Suggestions de l'IA
Texte intégral
DOSSIER N° RG 25/01744 - N° Portalis DB2W-W-B7J-NLE3
JUGEMENT REPUTE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE ROUEN
JUGEMENT DU 08 JUIN 2026
_____________________________________________________________________________________________
DEMANDERESSE :
SA 3F NORMANVIE
5 rue Montaigne
Le Carré Pasteur
76000 ROUEN
Représentée par Me Sandra GOSSELIN, avocat au barreau de ROUEN
DEFENDERESSE :
Mme [C] [R] [U]
30 rue de l'Epinette
Villa Sellonis
76520 SAINT AUBIN CELLOVILLE
non comparante, non représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Lors des débats à l'audience publique du 03 Avril 2026
JUGE : Jean FURET
GREFFIÈRE : Céline JOINT
Le présent jugement a été signé par Monsieur Jean FURET, Juge des Contentieux de la Protection et Madame Marion POUILLE, faisant fonction de Greffier, lors du délibéré, prononcé par mise à disposition au greffe de la juridiction par application des dispositions de l'article 450 al 2 du Code de Procédure Civile.
EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
Par acte sous seing privé en date du 1er juillet 2018, la SA 3F NORMANVIE a donné à bail à Mme [C] [R] [U] un logement situé 30, rue de l'Epinette, Villa Sellonis, (76520) SAINT AUBIN CELLOVILLE, moyennant un loyer mensuel initial de 350,25 euros, outre une provision sur charges.
Un commandement de payer la somme en principal de 813,32 euros du chef d'un arriéré de loyer et charges a été signifié à la locataire le 21 janvier 2025. Le délai d'acquisition de la clause résolutoire étant parvenu à expiration sans que les causes du commandement n'aient été intégralement apurées, par acte du 10 septembre 2025, la SA 3F NORMANVIE a fait assigner Mme [C] [R] [U] devant le juge des contentieux de la protection aux fins de :
-Constater la résiliation du contrat de location aux torts de Mme [C] [R] [U] par acquisition de la clause résolutoire ;
-Ordonner en conséquence l'expulsion de Mme [C] [R] [U] ainsi que celle de toute personne introduite par elle dans les lieux ;
-Ordonner que faute pour Mme [C] [R] [U] de ce faire, il sera procédé à son expulsion avec l'assistance de la force publique et d'un serrurier si besoin est ;
-Condamner Mme [C] [R] [U] au paiement de la somme principale de 812,92 euros au titre des arriérés de loyer et indemnités d'occupation dus au 31 juillet 2025, majorée des intérêts au taux légal ;
-Condamner Mme [C] [R] [U] au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer et charges prévus contractuellement et révisable dans les mêmes conditions, à compter de la résiliation du bail et jusqu'à la date de libération effective des lieux ;
-Condamner Mme [C] [R] [U] au paiement de la somme de 300 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
-Condamner Mme [C] [R] [U] au paiement des dépens qui comprendront le coût du commandement de payer, de l'assignation, et de la notification de ces actes aux administrations sur le fondement de l'article 696 du code procédure civile.
À l'audience du 3 avril 2026, la SA 3F NORMANVIE était représentée par Maître [K] [N], elle s'est rapportée à l'acte introductif d'instance et a actualisé la dette à la somme de 2 418,21 euros au 31 mars 2026 échéance du mois de mars 2026 incluse.
Mme [C] [R] [U], citée par procès-verbal de remise à personne physique, n'a pas comparu.
L'affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 8 juin 2026.
MOTIVATION
Sur la résiliation du bail Sur la recevabilité de la demande La SA 3F NORMANVIE justifie avoir notifié une copie de l'assignation au représentant de l'État dans le département de la Seine-Maritime le 11 septembre 2025 soit plus de six semaines avant l'audience. Son action est donc recevable au regard des dispositions de l'article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Sur le fond Aux termes de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. En l'espèce, un commandement de payer visant les dispositions légales et la clause résolutoire contenue dans le contrat de location a été signifié à Mme [C] [R] [U] le 21 janvier 2025, lui accordant un délai de deux mois pour régler la dette. Il ressort du décompte produit par le bailleur que les causes du commandement de payer n'ont pas été intégralement apurées dans le délai de deux mois. Le bailleur est donc bien fondé à se prévaloir du jeu de la clause résolutoire et il convient de constater que le contrat de bail s'est trouvé résilié de plein droit le 22 mars 2025. Il convient, par conséquent, d'ordonner à Mme [C] [R] [U] ainsi qu'à tous les occupants de son chef, de quitter les lieux et, pour le cas où les lieux ne seraient pas libérés spontanément, d'autoriser la SA 3F NORMANVIE à faire procéder à l'expulsion de toute personne y subsistant. Cependant, dès lors qu'aucune circonstance ne justifie la réduction du délai prévu par l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution, l'expulsion ne pourra avoir lieu qu'à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la délivrance au locataire d'un commandement de quitter les lieux. Sur l'indemnité d'occupation En cas de maintien dans les lieux de la locataire ou de tout autre occupant de son chef malgré la résiliation du bail, il convient de la condamner au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle d'un montant égal à celui du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de poursuite du bail. L'indemnité d'occupation est payable et révisable dans les mêmes conditions que l'étaient le loyer et les charges, à partir du 22 mars 2025 et ne cessera d'être due qu'à la libération effective des locaux avec remise des clés à la SA 3F NORMANVIE ou à son mandataire. Sur la dette locative Aux termes de l'article 1353 du code civil, celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver tandis que celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement. L'article 1103 du même code prévoit, par ailleurs, que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. En l'espèce, la SA 3F NORMANVIE verse aux débats un décompte arrêté au 1er avril 2026 dont il ressort que la dette est de 2 418,21 euros après déduction des frais de procédure. Mme [C] [R] [U] n'apportant aucun élément de nature à remettre en cause ce montant, il convient donc de la condamner à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 2 418,21 euros au titre des loyers, charges et indemnité d'occupation, avec intérêts au taux légal à compter du 21 janvier 2025 sur la somme de 813,32 euros et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus. Sur les frais du procès Aux termes de l'article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge de l'autre partie. En l'espèce, Mme [C] [R] [U] qui succombe, est condamnée aux dépens. L'article 700 du code de procédure civile prévoit que le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou à défaut la partie qui succombe, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et qu'il tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. En l'espèce, il y a lieu de condamner Mme [C] [R] [U] à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 300 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement mis à disposition au greffe, DÉCLARE la SA 3F NORMANVIE recevable en sa demande en résiliation de bail ; CONSTATE l'acquisition de la clause résolutoire figurant au bail du 1er juillet 2018 concernant le logement situé 30, rue de l'Epinette, Villa Sellonis, (76520) SAINT AUBIN CELLOVILLE, donné en location à Mme [C] [R] [U] et la résiliation de plein droit dudit bail à la date du 22 mars 2025 ; DIT que Mme [C] [R] [U] est occupante sans droit ni titre à compter de cette date ; DIT n'y avoir lieu à suspendre les effets de la clause résolutoire ; ORDONNE, en conséquence, à Mme [C] [R] [U] de libérer de sa personne, de ses biens ainsi que de tout occupant de son chef les lieux situés 30, rue de l'Epinette, Villa Sellonis, (76520) SAINT AUBIN CELLOVILLE ainsi que, le cas échéant, tous les lieux loués accessoirement au logement, dans un délai de huit jours à compter de la signification de la présente décision ; DIT qu'à défaut pour Mme [C] [R] [U] d'avoir volontairement libéré les lieux dans ce délai, la SA 3F NORMANVIE pourra, deux mois après un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu'à celle de toute personne introduite de son chef, y compris le cas échéant avec le concours de la force publique et d'un serrurier ; AUTORISE la séquestration des biens et objets mobiliers se trouvant éventuellement dans les lieux lors de l'expulsion, soit sur place, soit dans un garde-meubles du choix des requérants, aux frais et risques de qui il en appartiendra ; CONDAMNE Mme [C] [R] [U] au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au loyer et charges qui auraient été dus en cas de poursuite du bail, soit 451,77 euros ; DIT que cette indemnité d'occupation, qui se substitue au loyer dès le 22 mars 2025, est payable et révisable dans les mêmes conditions que l'étaient le loyer et les charges jusqu'à libération effective des lieux et remise des clés au bailleur ou à son mandataire ; CONDAMNE Mme [C] [R] [U] à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 2 418,21 euros avec intérêts au taux légal à compter du 21 janvier 2025 sur la somme de 813,32 euros et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus; DIT n'y avoir lieu à accorder des délais de paiement ; CONDAMNE Mme [C] [R] [U] aux dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 21 janvier 2025, de la dénonciation à la CCAPEX, de la signification de l'assignation du 10 septembre 2025 et celui de la dénonciation de l'assignation en expulsion au représentant de l'État ; CONDAMNE Mme [C] [R] [U] à payer à la SA 3F NORMANVIE la somme de 300 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile; RAPPELLE que la présente décision est assortie de l'exécution provisoire de droit. Le Greffier Le PrésidentCommentaires sur cette affaire
L'accès aux commentaires est réservé aux utilisateurs premium.
Note...