Tribunal administratif de Lille, 8 juillet 2026, 2502109
Mots clés
recours • requête • réduction • rapport • rejet • requis • statuer • subsidiaire
Chronologie de l'affaire
Tribunal administratif de Lille
8 juillet 2026
Conseil départemental du Nord
31 décembre 2024
Conseil départemental du Nord
30 mai 2024
Synthèse
- Juridiction : Tribunal administratif de Lille
- Numéro d'affaire :2502109
- Type de recours : Plein contentieux
- Dispositif : Satisfaction totale
- Référence abrégée : TA Lille, 8 juill. 2026, n° 2502109
- Nature : Décision
- Décision précédente :Conseil départemental du Nord, 30 mai 2024
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Chronologie de l'affaire
Tribunal administratif de Lille
8 juillet 2026
Conseil départemental du Nord
31 décembre 2024
Conseil départemental du Nord
30 mai 2024
Résumé
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Partie requérante
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Partie défenderesse
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Texte intégral
Vu la procédure suivante
: Par une requête, enregistrée le 3 mars 2025, M. A... B... demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision du 31 décembre 2024, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Nord a maintenu sa décision du 30 mai 2024 lui refusant le bénéfice de la carte de mobilité inclusion, mention « stationnement » ; 2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale afin de savoir s'il est éligible à la carte de mobilité inclusion mention « stationnement ». Il soutient que sa condition médicale l'empêche d'être autonome lors de ses déplacements extérieurs. Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2026, le département du Nord conclut au rejet de la requête. Il soutient que le moyen invoqué n'est pas fondé. Vu les autres pièces du dossier.Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ; - l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le président du tribunal a désigné M. Baillard, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Le rapport de M. Baillard a été entendu au cours de l'audience publique. La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire lors de l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.Considérant ce qui suit
: M. B... a sollicité auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Nord la délivrance d'une carte mobilité inclusion mention « stationnement ». Par une décision du 30 mai 2024, le président du conseil départemental du Nord a rejeté cette demande. M. B... a alors formé un recours administratif préalable obligatoire lequel a été rejeté par une décision du 31 décembre 2024. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cette dernière décision. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : « I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9 [c'est-à-dire de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale des personnes handicapées]. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. /(…)/ 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. /(…)/ ». Aux termes de l'article R. 241-12-1 du même code : « I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement. /(…)/ IV.-Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. /(…)/ ». L'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans un déplacement individuel, pris pour l'application de l'article R. 241-12-1 précité, prévoit que le critère relatif à la « réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied » est rempli soit lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres, soit lorsqu'elle a systématiquement recours à une aide humaine, à une prothèse de membre inférieur, à une canne ou à tout autre appareillage manipulé à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, par exemple à un déambulateur, à un véhicule pour personnes handicapées, notamment un fauteuil roulant, soit enfin lorsqu'elle a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 3 janvier 2017 définit, en application du IV de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, de sorte que seule peut être regardée comme ayant droit à l'attribution de la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » une personne qui satisfait aux critères fixés par cet arrêté, c'est-à-dire, s'agissant du critère de réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, qui se trouve dans l'une des trois situations qu'il prévoit. En l'espèce, M. B... souffre de lombalgies chroniques ainsi que des tendinopathies bilatérales des épaules lui ayant été reconnues comme maladie professionnelle. L'intéressé a également subi une intervention chirurgicale pour le traitement d'un cancer urologique, pour lequel il suit un traitement. Il résulte de l'instruction et particulièrement du compte rendu médical du 31 octobre 2023 que l'intéressé a un périmètre de marche inférieur à 200 mètres. Dès lors, M. B..., qui se trouve dans l'une des trois situations prévues par les dispositions précitées, est fondé à demande l'annulation de la décision du 31 décembre 2024. En conséquence et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale, il y a lieu de lui reconnaître le droit à la carte « mobilité inclusion » mention « stationnement » pour une durée qui doit être fixée, dans les circonstances de l'espèce et en particulier compte-tenu de l'absence d'amélioration de l'incapacité relevée dans le certificat médical du 20 juin 2024, à cinq ans. Le présent jugement implique la délivrance de cette carte par le président du conseil départemental du Nord dans un délai d'un mois à compter de sa notification.D É C I D E :
Article 1er : La décision du président du conseil départemental du Nord du 31 décembre 2024 est annulée. Article 2 : M. B... a droit à la carte mobilité inclusion mention « stationnement » pour une durée de cinq ans. Cette carte lui sera délivrée par le président du conseil départemental du Nord dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement. Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au département du Nord. Copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées du Nord. Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2026. Le magistrat désigné, Signé B. Baillard La greffière, Signé S. Dereumaux La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, La greffièreCommentaires sur cette affaire
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