Tribunal judiciaire de Créteil, 23 septembre 2025, 25/00890
Mots clés
rapport • référé • procès • vestiaire • provision • prescription • syndicat • preuve • prorogation • service • siège • relever • requête • ressort • saisine
Chronologie de l'affaire
Synthèse
- Juridiction : Tribunal judiciaire de Créteil
- Numéro de pourvoi :25/00890
- Dispositif : Désigne un expert ou un autre technicien
- Référence abrégée : TJ Créteil, 23 sept. 2025, n° 25/00890
- Identifiant Judilibre :68dc2a22b3454b98788cb5c4
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Chronologie de l'affaire
Tribunal judiciaire de Créteil
23 septembre 2025
Résumé
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Partie demanderesse
Personne physique anonymisée
Parties défenderesses
CABINET DUMOULIN
défendu(e) par BOURON Valentin du Cabinet COOPERATIVE DU BARREAU DU VAL DE MARNE
AXA ASSURANCES IARD MUTUELLE
défendu(e) par MONTERET AMAR Florence
Personne physique anonymisée
défendu(e) par TILLIARD Olivier
Personne physique anonymisée
défendu(e) par TILLIARD Olivier
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Texte intégral
MINUTE N° :
ORDONNANCE DU : 23 Septembre 2025
DOSSIER N° : N° RG 25/00890 - N° Portalis DB3T-W-B7J-V7MT
CODE NAC : 62B - 0A
AFFAIRE : [E] [C] C/ [F] [J], [A] [J], SDC DU 7 RUE RENAULT - 94160 SAINT MANDE, S.A. AXA FRANCE IARD
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CRETEIL
Section des Référés
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
LE JUGE DES REFERES : Madame Isabelle KLODA, Première vice-présidente
GREFFIER : Madame Valérie PINTE, Greffier
PARTIES :
DEMANDEUR
Monsieur [E] [C] né le 19 Décembre 1962, nationalité française , demeurant 7 rue Renault - 94160 SAINT MANDÉ
représenté par Me Charles GIACOMONI, avocat au barreau de PARIS - Vestiaire :
D502
DEFENDEURS
Monsieur [F] [J]
demeurant 7 rue Renault - 94160 SAINT MANDÉ
Madame [A] [J]
demeurant 7 rue Renault - 94160 SAINT MANDÉ
tous deux représentés par Maître Olivier TILLIARD, avocat au barreau de PARIS - Vestiaire : E0384 - non comparant à l'audience
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRE DE L'IMMEUBLE SIS 7 RUE RENAULT - 94160 SAINT MANDE
rperésenté par son syndic Cabinet DUMOULIN SARL immatriculée au RCS de CETEIL sous le numéro 329 715 601
dont le siège social est sis 5 rue Jeanne d'Arc - 94160 SAINT MANDE
représenté par Maître Valentin BOURON, avocat au barreau du VAL-DE-MARNE - non comparant à l'audience
S. A. AXA FRANCE IARD - ès qualité d'assureur de Monsieur [C]
immatriculée au RCS de NANTERRE sous le numéro 775 699 309
dont le siège social est sis 313 Terrasses de l'Arche - 92700 NANTERRE
représentée par Maître Florence MONTERET AMAR, avocat au barreau de PARIS - Vestiaire : P0184 - non comparant à l'audience
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Débats tenus à l'audience du : 19 Août 2025
Date de délibéré indiquée par le Président : le 23 Septembre 2025
Ordonnance rendue par mise à disposition au greffe le 23 Septembre 2025
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EXPOSE DU LITIGE
Vu l'assignation en référé aux fins d'expertise judiciaire devant la juridiction des référés du tribunal judiciaire de Créteil délivrée les 14 et 19 mai 2025 par M. [E] [C] à M. [F] [J] et Mme [A] [J], au syndicat des copropriétaires de l'immeuble sis 7 rue Renault, 94160 Saint-Mandé et à la société Axa Assurances IARD Mutuelle, soutenue à l'audience du 19 août 2025 ;
Vu les protestations et réserves formulées par les défendeurs représentés ;
Conformément aux articles 446-1 et 455 du code de procédure civile, il est renvoyé à l'acte introductif et aux écritures déposées par les parties pour un plus ample exposé de leurs prétentions et moyens.
L'affaire a été mise en délibéré, les parties étant informées que la décision serait rendue par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. Il est acquis que l'article 145 du code de procédure civile est un texte autonome auquel les conditions habituelles du référé ne sont pas applicables. Il n'est ainsi pas soumis à la condition d'urgence ou à la condition d'absence de contestation sérieuse. Ce texte suppose l'existence d'un motif légitime c'est à dire un fait crédible et plausible, ne relevant pas de la simple hypothèse qui présente un lien utile avec un litige potentiel futur dont l'objet et le fondement juridique sont suffisamment déterminés et dont la solution peut dépendre de la mesure d'instruction sollicitée à condition que cette mesure ne porte pas une atteinte illégitime aux droits d'autrui. Elle doit être pertinente et utile. Ainsi, si le demandeur à la mesure d'instruction n'a pas à démontrer l'existence des faits qu'il invoque puisque cette mesure in futurum est justement destinée à les établir, il doit néanmoins justifier d'éléments rendant crédibles ses suppositions et justifier que le litige potentiel n'est pas manifestement voué à l'échec et que la mesure est de nature à améliorer la situation probatoire du demandeur. La faculté prévue à l'article 145 du code de procédure civile ne saurait, en outre, être exercée à l'encontre d'un défendeur qui, manifestement, et en dehors même de toute discussion au fond, ne serait pas susceptible d'être mis en cause dans une action principale. De plus, si la partie demanderesse dispose d'ores et déjà de moyens de preuves suffisants pour conserver ou établir la preuve des faits litigieux, la mesure d'instruction demandée est dépourvue de toute utilité et doit être rejetée. Enfin, l'application de cet article n'implique aucun préjugé sur la responsabilité des parties appelées à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d'être ultérieurement engagé. En l'espèce, M. [E] [C] n'a pas à démontrer l'existence de désordres ou fautes qu'il invoque puisque cette mesure in futurum est justement destinée à les établir. Il doit seulement justifier d'éléments rendant crédibles ses suppositions. Or, tel est notamment le cas au vu du rapport d'expertise établi pas ACP EXPERTISES, le 6 janvier 2025, constatant la détérioration en façade de l'immeuble ainsi que des anomalies dans les gaines de ventilation. Il importe peu à ce stade que ces éléments n'aient pas été contradictoirement débattus, la mesure d'instruction sollicitée ayant précisément pour objet de rendre les constatations de l'expert contradictoires. Au regard de ces éléments, et alors que le débat sur la teneur et l'imputabilité des désordres relève du juge du fond, M. [E] [C] dispose d'un motif légitime à faire établir les désordres qu'il allègue, un procès éventuel n'étant pas manifestement voué à l'échec. Du tout, il résulte que les conditions d'application des dispositions de l'article 145 du code de procédure civile sont réunies et qu'il convient d'ordonner la mesure d'expertise requise, dans les termes du dispositif, en mettant à la charge de M. [E] [C] le paiement de la provision initiale. Concernant la mission confiée à l'expert, il appartient au juge des référés d'apprécier, en droit et en fait, l'opportunité et l'utilité des chefs de mission proposés, étant rappelé que, nonobstant les propositions de mission formulées dans le dispositif des écritures des parties, il demeure libre, en application de l'article 145 du code de procédure civile, de choisir les chefs de mission adaptés. Les protestations et réserves ont été mentionnées dans la présente décision, de sorte qu'un donner-acte formel dans le dispositif ci-après, qui serait dépourvu de toute portée décisoire, est inutile. L'expertise étant ordonnée à la demande et dans l'intérêt de M. [E] [C], pour lui permettre ultérieurement et éventuellement d'engager une instance judiciaire, les dépens doivent provisoirement demeurer à sa charge. Enfin, l'équité ne commande pas, à ce stade, de faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.PAR CES MOTIFS
Statuant par mise à disposition de la présente ordonnance au greffe le jour du délibéré après débats en audience publique, par décision contradictoire, en premier ressort et en matière de référé, ORDONNONS une mesure d'expertise, DÉSIGNONS pour y procéder : Monsieur [D] [E] CAP plomberie CALOR ET CLIMAT PLUS - 4 rue Duvernois 4 rue Duvernois 75020 PARIS 20 Tél : 01.40.30.00.63 Port. : 06.03.88.88.89 Email : [email protected] expert inscrit sur les listes de la Cour d'appel de PARIS, lequel, pourra prendre l'initiative de recueillir l'avis d'un autre technicien, mais seulement dans une spécialité distincte de la sienne, avec mission de : - se faire préciser les liens contractuels entre les divers intervenants ; - relever et décrire les désordres et malfaçons allégués expressément dans l'assignation et affectant l'immeuble litigieux, ainsi que les non-conformités et/ou inachèvements allégués au regard des documents contractuels liant les parties ; - en détailler l'origine, les causes et l'étendue, et fournir tous éléments permettant à la juridiction de déterminer à quels intervenants ces désordres, malfaçons, non conformités et/ou inachèvements sont imputables, et dans quelles proportions ; - donner son avis sur les conséquences de ces désordres, malfaçons, non conformités et/ou inachèvements quant à la solidité, l'habitabilité, l'esthétique du bâtiment, et, plus généralement quant à l'usage qui peut en être attendu ou quant à la conformité à sa destination ; - dire si les travaux ont été conduits conformément aux documents contractuels et aux règles de l'art ; - à partir de devis d'entreprises fournis par les parties, sur proposition, le cas échéant du maître d'œuvre de leur choix, donner un avis sur la ou les solutions appropriées pour remédier aux désordres entachant l'ouvrage et sur le coût des travaux utiles ; - donner son avis sur les préjudices et coûts induits par ces désordres, malfaçons, inachèvements ou non conformités et sur leur évaluation, dès lors que ces demandes sont présentées de manière motivée ; - rapporter toutes autres constatations utiles à l'examen des prétentions des parties ; - donner, le cas échéant, son avis sur les comptes entre les parties ; DÉSIGNONS le magistrat chargé du contrôle des expertises pour contrôler les opérations d'expertise, DISONS que pour procéder à sa mission l'expert devra : - convoquer et entendre les parties, assistées, le cas échéant, de leurs conseils, et recueillir leurs observations à l'occasion de l'exécution des opérations ou de la tenue des réunions d'expertise ; - se faire remettre toutes pièces utiles à l'accomplissement de sa mission, notamment, s'il le juge utile, les pièces définissant le marché, les plans d'exécution, le dossier des ouvrages exécutés ; - se rendre sur les lieux, dans l'appartement de M. [E] [C] situé au 4 ème étage dans l'immeuble situé au 7 rue Renault, 94160 Saint-Mandé et si nécessaire en faire la description, au besoin en constituant un album photographique et en dressant des croquis ; - à l'issue de la première réunion d'expertise, ou dès que cela lui semble possible, et en concertation avec les parties, définir un calendrier prévisionnel de ses opérations ; l'actualiser ensuite dans le meilleur délai : . en faisant définir une enveloppe financière pour les investigations à réaliser, de manière à permettre aux parties de préparer le budget nécessaire à la poursuite de ses opérations; . en indiquant les mises en cause, les interventions volontaires ou forcées qui lui paraissent nécessaires et en invitant les parties à procéder auxdites mises en cause dans le délai qu'il fixera ; . en les informant de l'évolution de l'estimation du montant prévisible de ses frais et honoraires et en les avisant de la saisine du juge du contrôle des demandes de consignation complémentaire qui s'en déduisent ; . en les informant, le moment venu, de la date à laquelle il prévoit de leur adresser son document de synthèse ; - au terme de ses opérations, adresser aux parties un document de synthèse, sauf exception dont il s'expliquera dans son rapport (par ex. : réunion de synthèse; communication d'un projet de rapport), et y arrêter le calendrier de la phase conclusive de ses opérations : . fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse, . rappelant aux parties, au visa de l'article 276 alinéa 2 du code de procédure civile, qu'il n'est pas tenu de prendre en compte les observations transmises au-delà de ce délai. DISONS qu'en cas d'urgence ou de péril en la demeure reconnu par l'expert, ce dernier pourra autoriser M. [E] [C] à faire exécuter à leurs frais avancés, pour le compte de qui il appartiendra, les travaux estimés indispensables par l'expert, sous la direction du maître d'œuvre de M. [E] [C], par des entreprises qualifiées de son choix ; que, dans ce cas, l'expert déposera une note circonstanciée aux parties, précisant la nature, l'importance et le coût de ces travaux, FIXONS à la somme de 3 000 € la provision concernant les frais d'expertise qui devra être consignée par M. [E] [C] à la régie du tribunal judiciaire de Créteil dans le mois qui suit la demande de consignation adressée par le greffe, DISONS que faute de consignation de la provision dans ce délai impératif, ou demande de prorogation sollicitée en temps utile, la désignation de l'expert sera caduque et de nul effet, DISONS que l'expert sera saisi et effectuera sa mission conformément aux dispositions des articles 232 à 248, 263 à 284-1 du code de procédure civile et qu'il déposera l'original de son rapport au greffe du tribunal (service du contrôle des expertises), dans les six mois de la réception de l'avis de consignation, sauf prorogation de ce délai, dûment sollicitée en temps utile auprès du juge du contrôle, ainsi qu'une copie du rapport à chaque partie (ou à son avocat pour celles étant assistées), DISONS que l'exécution de la mesure d'instruction sera suivie par le juge du service du contrôle des mesures d'instruction de ce tribunal, spécialement désigné à cette fin en application des articles 155 et 155-1 du même code, RAPPELONS aux parties les dispositions de l'article 2239 du code civil : « La prescription est également suspendue lorsque le juge fait droit à une demande de mesure d'instruction présentée avant tout procès. Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée », DISONS que les dépens resteront à la charge de M. [E] [C], REJETONS les demandes formées au titre de l'article 700 du Code de procédure civile; RAPPELONS que la présente ordonnance bénéficie de plein droit de l'exécution provisoire. FAIT AU PALAIS DE JUSTICE DE CRETEIL, le 23 septembre 2025. LE GREFFIER LE JUGE DES REFERESCommentaires sur cette affaire
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