Tribunal administratif de Lille, 8 juillet 2026, 2504986
Mots clés
recours • requête • réduction • rapport • rejet • requis • statuer
Chronologie de l'affaire
Tribunal administratif de Lille
8 juillet 2026
président du conseil départemental du Nord
24 avril 2025
président du conseil départemental du Nord
24 juin 2024
Synthèse
- Juridiction : Tribunal administratif de Lille
- Numéro d'affaire :2504986
- Type de recours : Plein contentieux
- Dispositif : Satisfaction totale
- Référence abrégée : TA Lille, 8 juill. 2026, n° 2504986
- Nature : Décision
- Décision précédente :président du conseil départemental du Nord, 24 juin 2024
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Chronologie de l'affaire
Tribunal administratif de Lille
8 juillet 2026
président du conseil départemental du Nord
24 avril 2025
président du conseil départemental du Nord
24 juin 2024
Résumé
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Partie requérante
Personne physique anonymisée
Parties défenderesses
Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Nord
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Texte intégral
Vu la procédure suivante
: Par une requête, enregistrée le 23 mai 2025, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 24 avril 2025, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Nord a maintenu la décision du 24 juin 2024 lui refusant la délivrance de la carte de mobilité inclusion, mention « stationnement ». Elle soutient que son état de santé justifie la délivrance de la carte. Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2026, le département du Nord conclut au rejet de la requête. Il soutient que le moyen invoqué n'est pas fondé. Vu les autres pièces du dossier.Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ; - l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le président du tribunal a désigné M. Baillard, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Le rapport de M. Baillard a été entendu au cours de l'audience publique. La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire lors de l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.Considérant ce qui suit
: Mme B... a sollicité auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Nord la délivrance de sa carte mobilité inclusion mention « stationnement ». Par une décision du 24 juin 2024, le président du conseil départemental du Nord a rejeté cette demande. Mme B... a alors formé un recours administratif préalable obligatoire lequel a été rejeté par une décision du 24 avril 2025. Par la présente requête, l'intéressée doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : « I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9 [c'est-à-dire de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale des personnes handicapées]. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. /(…)/ 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. /(…)/ ». Aux termes de l'article R. 241-12-1 du même code : « I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement. / (…) / IV.-Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. /(…)/ ». L'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans un déplacement individuel, pris pour l'application de l'article R. 241-12-1 précité, prévoit que le critère relatif à la « réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied » est rempli soit lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres, soit lorsqu'elle a systématiquement recours à une aide humaine, à une prothèse de membre inférieur, à une canne ou à tout autre appareillage manipulé à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, par exemple à un déambulateur, à un véhicule pour personnes handicapées, notamment un fauteuil roulant, soit enfin lorsqu'elle a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 3 janvier 2017 définit, en application du IV de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, de sorte que seule peut être regardée comme ayant droit à l'attribution de la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » une personne qui satisfait aux critères fixés par cet arrêté, c'est-à-dire, s'agissant du critère de réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, qui se trouve dans l'une des trois situations qu'il prévoit. Mme B... souffre de plusieurs pathologies dont une lombalgie avec irradiation dans la jambe gauche, avec des douleurs à type de décharges électriques ainsi que des brûlures. Il résulte de l'instruction que, si le certificat médical établi par le médecin de la requérante le 17 juin 2024 et produit au soutien de sa demande mentionnait un périmètre de marche de 500 mètres, il mentionnait également le recours à une canne pour les déplacements en extérieur. Par ailleurs, le compte rendu médical du 20 mars 2025 par un médecin du groupe hospitalier de Seclin-Carvin mentionne que l'intéressée effectue ses déplacements à l'aide d'une canne avec un périmètre de marche limité à 200 mètres. Dès lors Mme B..., qui se trouve dans deux des trois situations prévues par les dispositions précitées, est fondée à demande l'annulation de la décision attaquée et en conséquence, il y a lieu de lui reconnaître le droit à la carte « mobilité inclusion » mention « stationnement » pour une durée qui doit être fixée, dans les circonstances de l'espèce à deux ans. Le présent jugement implique la délivrance de cette carte par le président du conseil départemental du Nord dans un délai de deux mois à compter de sa notification.D É C I D E :
Article 1er : La décision du président du conseil départemental du Nord du 24 avril 2025 est annulée. Article 2 : Mme B... a droit à la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » pour une durée de deux ans. Cette carte lui sera délivrée par le président du conseil départemental du Nord dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision. Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au département du Nord. Copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées du Nord. Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2025. Le magistrat désigné, Signé B. Baillard La greffière, Signé S. Dereumaux La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, La greffièreCommentaires sur cette affaire
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