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Tribunal judiciaire de Nancy, 28 mai 2026, 26/00554

Mots clés
Droit des personnes • Droits attachés à la personne • Demande de contrôle obligatoire périodique de la nécessité d'une mesure d'hospitalisation complète • ressort • procès-verbal • provision • référé

Synthèse

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Résumé

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Parties demanderesses
LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE
Parties défenderesses
M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy
Personne physique anonymisée
défendu(e) par PAWLAK Amélie

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Texte intégral

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation à la demande du représentant de l'état Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00554 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J53D ORDONNANCE du 28 mai 2026 REQUÉRANT : M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE Sous couvert de l'Agence Régionale de Santé - Grand Est [Adresse 1] [Localité 1] Non Comparant - Non Représenté PERSONNE HOSPITALISÉE : Monsieur [Q] [P] né le 07 Février 1996 à [Localité 2] (MEURTHE-ET-MOSELLE) [Adresse 2] [Localité 3] Non Comparant - Représenté par Me Amélie PAWLAK PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites)

Vu les articles

L.3211-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3213-1 et suivants de ce même code ; Monsieur [Q] [P] fait l'objet d'une hospitalisation à la demande du représentant de l'état au Centre Psychothérapique de [Localité 1] à [Localité 4] depuis le 12 janvier 2021 ; qu'il a bénéficié d'un programme de soins le 27 mars 2025 et a été réhospitalisée en dernier lieu le 20 mai 2026 ; Par requête en date du 27 mai 2026 , M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Monsieur [Q] [P] ; Les parties à la procédure : Monsieur [Q] [P], M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE, Monsieur le Procureur de la République, Me Amélie PAWLAK, avocate de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; Conformément aux dispositions de l'article L 3211-12-2, un avis médical faisant état de motifs médicaux faisant obstacle, dans l'intérêt de Monsieur [Q] [P], à son audition par le juge ayant été rendu le 28 mai 2026, la personne hospitalisée n'a pas pu comparaitre

; en conséquence

, elle est représentée à cette audience par Me Amélie PAWLAK, son avocate ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 1] ; L'hospitalisation sans son consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l'article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. L'article L3211-11 du code la santé publique dispose que le psychiatre qui participe à la prise en charge du patient peut proposer à tout moment de modifier la forme de la prise en charge lorsqu'il constate que la prise en charge de la personne décidée sous une autre forme ne permet plus, notamment du fait du comportement de la personne, de dispenser les soins nécessaires à son état. En application de l'article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l'encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l'article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d'ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). En l'espèce, Monsieur [P] a été pris en charge sous une autre forme que l'hospitalisation complète jusqu'à la date du 19 mai 2026, date de sa réintégration dans un contexte de rupture thérapeutique. Il ressort de l'avis motivé rédigé le 26 mai 2026 par le Docteur [F] que Monsieur [P] ne s'est toujours pas présenté ni n'a été retrouvé. Le retour à une hospitalisation complète est considéré comme indispensable au regard de sa pathologie, un trouble psychotique résistant aux antipsychotiques, et de la persistance d'idées délirantes de persécution résiduelles malgré le traitement médicamenteux en place jusqu'à la rupture thérapeutique. Ces éléments démontrent que la prise en charge de Monsieur [P] sous une autre forme que l'hospitalisation complète ne permettrait pas de dispenser les soins nécessaires à son état. Les conditions de l'article L3211-11 du code la santé publique étant remplies, l'hospitalisation complète sans consentement sera maintenue.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, par déicision réputé contradictoire et en premier ressort : MAINTENONS la mesure d'hospitalisation à la demande du représentant de l'état dont fait l'objet Monsieur [Q] [P] au Centre Psychothérapique de [Localité 1] à [Localité 4] ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ; LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 28 mai 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 28 mai 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 28 Mai 2026 L'avocate Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE ; - à Mme la directrice du centre hospitalier pour le [Etablissement 1] et aux fins de notification à Monsieur [Q] [P], personne hospitalisée, n'ayant pas comparu. Le greffier

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